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jeudi 3 janvier 2019

Mary Poppins Returns

Michael Banks travaille à la banque où son père était employé, et il vit toujours au 17 allée des Cerisiers avec ses trois enfants, Annabel, Georgie et John, et leur gouvernante Ellen. Comme sa mère avant elle, Jane Banks se bat pour les droits des ouvriers et apporte son aide à la famille de Michael. Lorsque la famille subit une perte tragique, Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l'aide de Jack, l'allumeur de réverbères toujours optimiste, Mary va tout faire pour que la joie et l'émerveillement reviennent dans leur existence... Elle leur fera aussi découvrir de tout nouveaux personnages pleins de fantaisie, dont sa cousine, l'excentrique Topsy. 


Dans le premier « Mary Poppins », l’action se passait en 1910s. Cette suite prend place au même endroit – la maison familiale des Banks à Londres – vingt ans plus tard. « Mary Poppins » a-t-elle gardé la main ?

Les aventures sur papier de Mary Poppins firent le bonheur des têtes blondes à travers le monde de 1934 aux années 1980s. On peut dire que cette suite s'est fait attendre. 1964...2018… soit 54 ans d’attente ou le plus long break entre un film et sa séquelle. Les idées de suite furent longtemps rejetées par l’auteure Pamela Lyndon Travers. À deux reprises - en 1965 et plus tard en 1980 - , l’auteure était aux yeux de Disney une « No Woman ». Le film « Saving Mr Banks » (« Dans l’ombre de Mary » chez nous) nous offre un aperçu de la relation tumultueuse entre ces derniers.

Trêve d’élucubrations ! « Mary Poppins Returns » porte bien son nom. Le réalisateur offre un retour sinon triomphal, du moins convainquant, à la plus célèbre nounou de l'histoire du cinéma. L’importance de la famille et l’espoir face à l’adversité s’érigent en thèmes principaux de cette nouvelle aventure. L’accent de Blunt est à tomber par terre. Sa maîtrise du timing et son sens de la répartie font de la trentenaire un modèle pour tous les comédien-ne-s en herbe. Comme pour le premier opus, l’animation dessinée à la main (et non par ordinateur) prévaut. Pour le reste, le trio derrière « Into the Woods » (Rob Marshall, Emily Blunt et Meryl Streep), excellent à nouveau. Réalisation, cadrage, acting, scènes chantées, l’ensemble sonne plutôt bien.

Tout n’est cependant pas rose dans la maison Disney puisque un subtil changement de caractère de Mary est à déplorer. Plus hautaine et vaniteuse que l’originale, la version d’Emily Blunt ne colle pas avec le caractère de celle jouée par la souriante Julie Andrews. Un choix maladroit qui traduit la volonté de Blunt de ne pas faire du "Julie Andrews". Un souhait vain en endossant ce rôle.

Allumeurs de réverbères ? Une "nouveauté" par rapport au matériel source dixit le cinéaste. Guère une trouvaille selon nous puisqu’ils font penser aux ramoneurs du film original. Et on ne parle pas de l’imitation maladroite de l’accent Cockney (propre au sud de Londres) de Lin-Manuel Miranda.

Vraie suite, reboot ? « Mary Poppins Returns » est bel et bien une suite même si les similitudes avec son aîné sont frappantes. En outre, les trois adaptations de classiques de Disney en live action prévues pour 2019 démontrent que le studio aux grandes oreilles est plus dans le pastiche que dans la création.

Nonobstant un CV impressionnant, Lin-Manuel Miranda n’a pas le charisme de Dick Van Dyke – qui fait soit dit en passant un caméo dans le film. Lin-Manuel, bien que habile et talentueux, ressemble plus au toutou de service qu’au joyeux compagnon d’infortune de Mary. Une erreur de casting qui ne pardonne pas. Le personnage joué par Dick Van Dyke dans l’original (Bert) était sans conteste la valeur ajoutée comique qui fait ici défaut. De l'émerveillement, oui. Du rire, pas vraiment…

Même si Mary Poppins réjouit toujours petits et grands, les plus nostalgiques se diront qu’elle a perdu en voix et que Julie Andrews connaissait la chanson. Julie Andrews qui a d’ailleurs refusé un cameo. Notre nanny fictive préférée a définitivement tourné la page. Et nous aussi.

Note :
Critique : Goupil

Ps : Les fans de Angela Lansbury et Dick Van Dyke se réjouiront d’apprendre qu’ils partagent également l’affiche du film « Buttons » sorti début décembre au pays de l’Oncle Sam.


Autre critique, autre point de vue – Mary Poppins Returns vu par le Professeur Grant :

I. Un bain de nostalgie

Supercalifragilisticexpialidocious ! Un hapax à rallonge que tout le monde connaît. D’aucuns parviennent à le prononcer sans peine, d’autres éprouvent plus de difficulté. Mais tout le monde a la mélodie en tête. Ce néologisme est comme une madeleine de Proust qui renvoie directement à l’enfance, à l’insouciance, à… Mary Poppins ! Plus d’un demi-siècle après, la célèbre nounou fait son come-back dans les salles obscures. C’est l’actrice britanno-américaine Emily Blunt qui a été choisie pour succéder à l’éternelle Julie Andrews. L’histoire ? Michael Banks travaille à la banque où son père était jadis employé, et il vit toujours au numéro 17 de l’allée des Cerisiers avec ses trois enfants et leur gouvernante. Criblé de dettes, ce dernier risque de voir sa maison, déjà hypothéquée, saisie par les huissiers… C’est alors que Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l’aide de Jack, l’allumeur de réverbères toujours optimiste, la nounou va tout faire pour que la joie et l’émerveillement reviennent dans leur existence. Avec des personnages inédits, des chansons originales et de nouvelles séquences en animation, ce « Mary Poppins Returns » joue à fond la carte de la nostalgie et s’affiche d’emblée comme la sortie familiale du moment.

II. Bis repetita

Voilà bien un long-métrage qui affiche autant une jolie inventivité visuelle qu’une belle carence créative sur le plan narratif. Un constat paradoxal qui s’explique par le manque de singularité de la démarche : faire du neuf avec du vieux en se cachant derrière l’adage « c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe ». D’ailleurs, l’objectif de Disney est clair comme de l’eau de roche: réaliser un décalque de l’original en suivant scrupuleusement les courbes de sa silhouette. Pourtant, comme son titre l’indique, on n’est pas face à un remake, mais bien à une suite. Un deuxième épisode qui singe abusivement le film culte des années soixante : l’histoire, les personnages, le décor etc. Le studio aux grandes oreilles veillant toutefois à modifier quelques éléments çà et là à l’instar des ramoneurs qui deviennent donc des… allumeurs. De la même manière, ne dites plus supercalifragilisticexpialidocious mais  Luminomagifantastique. Des changements maigrichons qui nous font attester qu’on est bien face à un remake déguisé en suite. Une sorte de copier-coller mécanique et un brin artificiel qui s’en tient uniquement à son cahier des charges sans s’embarrasser d’apporter quelque chose de neuf à l’entreprise.

III. Vintage, enchanteur, enthousiasmant

Cela émis, les séquences de comédie musicale et leurs chorégraphies maousses ainsi que les scènes en animation réalisées façon dessins animés traditionnels font mouche tandis que la distribution s’en tire avec les honneurs, la lumineuse et irrésistible Emily Blunt la première, avec sa version toute personnelle de la célèbre nanny. Parfaitement usiné, quoi qu’il manque un grain de folie et un zeste de singularité dans le geste, « Mary Poppins Returns » est un divertissement vintage enchanteur et visuellement réussi. Certes, les ritournelles sont moins accrocheuses. Ne sont pas les frères Sherman qui veulent ! Toutefois, les rengaines du tandem Marc Shaiman / Scott Wittman s’avèrent suffisamment travaillées que pour séduire les petites et grandes esgourdes, même les plus exigeantes d’entre elles. Si Rob Marshall échoue finalement à nous proposer une suite à la hauteur du film original, le réalisateur de « Chicago » et « Memoirs of a Geisha » parvient à livrer un conte enthousiasmant qui se regarde sans difficulté.

Note : 

Critique : Professeur Grant

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