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mardi 5 mars 2019

Captain Marvel



Captain Marvel raconte l’histoire de Carol Danvers qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers lorsque la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres.



#Seriously?

Et l’Oscar de la discrimination positive est attribué à… « Green Book ». Voilà. L’Académie a préféré jouer la sécurité en célébrant un film pro-vivre-ensemble qui ne froissera donc personne… si ce n’est les cinéphiles. Car c’est bien le septième art qui a été oublié le dimanche 24 février dernier. Un consensus mou d’une édition qui aura tôt fait de tomber aux oubliettes. Il faut dire que la catégorie « Meilleur film » était déjà une collection ahurissante d’aberrations en soi. « Black Panther », meilleur film. Seriously ? « Bohemian Rhapsody », meilleur film. Seriously ? Même « Roma », prétendant au « Meilleur film en langue étrangère », n’avait strictement rien à faire là.

 #OscarsSoWhite
Après la mauvaise publicité suscitée par l’affaire #OscarsSoWhite, l’Académie cherche désormais à plaire au plus grand nombre en soignant ses relations publiques au détriment de l’art. Triste de voir ainsi le business prendre le pas sur le reste. Mais il faut bien reconnaître que certaines récompenses s’avèrent totalement méritées à l’image des statuettes livrées à Mahershala Ali et Regina King pour leurs rôles secondaires, respectivement dans « Green Book » et « If Beale Street Could Talk ». Ajoutons le sacre de Spike Lee pour l’adaptation de « BlackKklansman » et c’est bien la communauté afro-américaine, habituellement négligée, qui ressort gagnante de cette 91e édition.

#MeToo

Si celle-ci n’a pas été oubliée, il en est autrement pour la gente féminine. A l’heure ou le mouvement #MeToo prend toujours plus d’importance, il est regrettable de voir si peu de nomination pour celles qui tentent de se frayer un chemin dans une industrie profondément testostéronée. Dur, dur la diversité à Hollywood ! Prenons l’exemple des studios Marvel, lesquels ont attendu une décennie avant de placer des personnes noires à l’avant-plan, que ce soit devant ou derrière la caméra d’ailleurs. Après un (médiocre) « Black Panther » pour soigner sa réputation, Marvel continue de polir son image avec, cette fois-ci, une œuvre soi-disant « féministe » (à l’image du récent « Wonder Woman » de DC) : « Captain Marvel », co-réalisé par une femme, Anna Boden.

#OriginStory

Quand il n’y en a plus, il y en a encore. Après le triste souvenir de la suite « Ant-Man & The Wasp », voilà que débarque la nouvelle égérie étoilée de la Maison des idées : Captain America peut aller se rhabiller, voici Captain Marvel. Au programme, rien de bien original à se mettre sous la dent comme dans quasiment toutes les origin stories. On suit les aventures de Carol Danvers, pilote de chasse qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes (si pas la plus puissante…) de l’univers et ce, pile-poil au moment où la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres. Vous l’aurez compris, l’intérêt n’est pas à chercher du côté du scénario, peu ou prou une resucée de tout ce qu’on a déjà vu dans les précédentes fictions Marvel et DC.

#MarvelCinematicUniverse

D’ailleurs, c’est bien là le gros problème de cette vingt-et-unième production associée au Marvel Cinematic Universe (MCU) : la mécanique bien trop huilée de cet épisode lambda d’une franchise démesurée qui n’arrive plus à se renouveler. On a la désagréable impression que « Captain Marvel » répond à un cahier des charges stricte et rigide obligeant les réalisateurs à ne pas s’écarter du chemin tracé par le grand manitou Kevin Feige, gardien et détenteur des clefs de la Maison des idées. On dirait que Ryan Fleck et Anna Boden ne parviennent pas à s’émanciper de la formule Marvel. Si cette superhéroïne était censée représenter le renouveau de l’écurie, c’est un coup d’épée dans l’eau !

#BiggerThanLife

On ne craint jamais pour la vie de Carol Danvers car ses prouesses défient toute rationalité. Le facteur humain est presque réduit à néant. Ses pouvoirs surhumains empêchent toute dramaturgie. Par contre, là où le métrage devient intéressant, c’est dans sa manière de mélanger les genres : récit initiatique sur fond d’années 90 (avec l’un ou l’autre gag bien vu… nostalgie quand tu nous tiens…), buddy-movie sympathique (le duo Brie Larson/Samuel Lee Jackson fonctionne plutôt bien) science-fiction décomplexée, le tandem Anna Boden/Ryan Fleck exploite ses nombreuses idées avec gourmandise. Généreuse en distillant plusieurs scènes d’action bigger than life durant ces deux heures de métrage, la paire s’est résolument fait plaisir en explosant le budget.

#LolaVFX

A ce propos, les effets spéciaux valent le détour, notamment ceux réalisés par la firme Lola VFX, experte dans le rajeunissement des acteurs. Robert Downey Jr. (Captain America : Civil War), Michael Douglas (Ant-Man) ou encore Kurt Russell (Guardians of the Galaxy Vol. 2) sont déjà passés sur le billard des graphistes. Ici, c’est au tour de Samuel L. Jackson d’en faire les frais. Avec vingt ans de moins sur le visage, le résultat est tout bonnement bluffant ! Pour le reste, on aurait préféré une mise en scène moins balourde et un peu plus subtile, notamment dans les scènes de conversation très plan-plan. On reprochera en outre une production design peu créative. De mémoire de cinéphile, on a rarement vu un space opera aussi peu inventif avec ses éléments SF usés jusqu’à la corde.

#AvengersEndgame

Au casting, outre le duo susmentionné, on retrouve également quelques têtes connues comme Jude Law, Annette Bening, Ben Mendelsohn, Djimon Hounsou, Clark Gregg ou Lee Pace. Tout le monde fait le job sans trop briller. Les fans hardcore apprécieront l’un des derniers caméos de feu Stan Lee, pape des comics. Par ailleurs, les aficionados seront émus de voir le bel hommage qui lui est rendu dès le début du film. Comme à l’accoutumée, deux scènes post-générique vous attendent. Sans spoiler, la première vaut le coup d’œil car elle répond directement au prochain « Avengers : Endgame », film terminal de la phase 3 du MCU. La deuxième, totalement anecdotique, ne mérite pas l’attente. Anecdotique, voilà bien le terme idoine pour définir ce « Captain Marvel » peu inspiré.

Note : 

Critique : Professeur Grant

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