Midway



Après la débâcle de Pearl Harbor qui a laissé la flotte américaine dévastée, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer définitivement les forces aéronavales restantes de son adversaire. La campagne du Pacifique va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique nord : Midway.


L’amiral Nimitz, à la tête de la flotte américaine, voit cette bataille comme l’ultime chance de renverser la supériorité japonaise. Une course contre la montre s’engage alors pour Edwin Layton qui doit percer les codes secrets de la flotte japonaise et, grâce aux renseignements, permettre aux pilotes de l’aviation américaine de faire face à la plus grande offensive jamais menée pendant ce conflit.






I. A qui mieux mieux

Roland Emmerich, Michael Bay, même combat ! La même fascination pour le destruction porn, entendez ces films de destruction massive pour malentendant qui veulent vous divertir à grand renfort d’effets pyrotechniques et de tôle froissée. On doit au premier les bruyants Independance Day, 2012, The Day After Tomorrow ou encore Godzilla tandis que le deuxième s’est illustré avec les non moins assourdissants Transformers, Armageddon, 13 Hours et… « Pearl Harbor ». Tiens, tiens, un film de guerre sans substance, voilà qui manquait à l’arsenal de l’Allemand. Et pourquoi ne pas prendre la bataille de Midway ? Un bon prétexte pour remaker rapidement « Pearl Harbor », casus belli qui a déclenché l’incursion des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.

II. Et le prix du nanar de l’année est attribué à…

Si nos attentes n’étaient pas bien élevées avant d’entrer dans la salle obscure (de façon empirique, on sait qu’un film signé Emmerich ne resplendit pas par son récit…), nous ne nous attendions tout de même pas à subir une telle purge. L’autoproclamé scénariste Wes Tooke, qui n’a de scénariste que le nom, a écrit son script à deux mains gauches, se contentant de relire vite fait la page Wikipedia sur cette bataille navale. Ce dernier brosse ainsi en surface un sujet qui méritait bien plus d’égard. Vous n’apprendrez donc quasiment rien sur le volet historique. Quant à la partie fictionnelle, elle est purement scandaleuse. Notre plumitif ne voit aucun mal à caricaturer des personnes réelles à coup de scènes patriotiques ridicules, de comportements débiles et de dialogues d’une pauvreté abyssale. Navrant !

III. Bienvenue à GRoland

En surlignant à outrance la bravoure des soldats américains, GRoland et son tâcheron de scribouillard ne rendent pas justice aux véritables héros de la guerre. Que du contraire, cette daube insupportable salit leur mémoire en forçant le trait dans chaque scène. Le gratte-papier se couvre d’ignominie en s’abstenant de développer la psychologie des protagonistes. Tous sont faits d’un seul et même moule. Aucune nuance, aucune subtilité. Le traitement réservé à ces personnages historiques est une honte. Et le spectateur ne peut même pas compter sur le casting, particulièrement insipide, pour sauver les apparences. A croire que tous les « comédiens » de cette lamentable distribution se sont passé le mot pour glaner un Razzie Awards lors de la prochaine cérémonie.

IV. Une série z qui fait plouf !

On savait les histrions Ed Skrein et Luke Evans peu subtiles dans leur jeu mais ici, ils nous le démontrent par a+b. Même des acteurs chevronnés comme Woody Harrelson et Dennis Quaid se perdent dans un cabotinage insoutenable. Quant à Aaron Eckhart, avec trois scènes tout au plus, il vient juste toucher sa paye avec un personnage qui ne sert strictement à rien. Seul Patrick Wilson parvient à sauver l’honneur. Et même la dimension spectaculaire fait plouf ! En cause, un tsunami d’effets spéciaux discount d’une laideur sans nom. Le fond vert transpire sur chaque plan. C’est hideux ! On n’y croit pas une seule seconde, voyant les trucages cheap à des kilomètres. La musique pompière surlignant les effets solennels de nos va-t-en-guerre n’arrange rien à ce nanar pitoyable.

V. Facepalm

Enlisée dans un bourbier de beaufitude déplorable et empilant les mauvaises idées à tire-larigot dans une vacuité navrante, rien ne sauvera cette série z débilitante du naufrage total. En substance, « Midway » est un long tintamarre sonore et visuel harassant, bardé de poncifs crânement assumés à la gloire de l’armée, reculant par-là les limites d’une certaine crétinerie hollywoodienne. Tout est sacrifié sur l’autel du grand spectacle et des émotions primaires, prétexte à une inconséquence si décomplexée qu’elle forcerait presque le respect. Au pays du junk-cinéma, GRoland reste le roi. Bref, un film décérébrant et pernicieux à absolument éviter pour ne pas attraper de l’urticaire. Sans conteste le pétard mouillé le plus risible, pénible et grotesque de l’année !

Note : 

Critique : Professeur Grant

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