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samedi 8 février 2020

Le Prince Oublié


Sofia, 8 ans, vit seule avec son père. Tous les soirs, il lui invente une histoire pour l’endormir. Ses récits extraordinaires prennent vie dans un monde imaginaire où l’héroïne est toujours la princesse Sofia, et son père, le Prince courageux. Mais trois ans plus tard, quand Sofia rentre au collège, elle n’a plus besoin de ces histoires. Désarmé, son père va devoir accepter que sa fille grandisse et s’éloigne de lui. Dans leur Monde imaginaire, le Prince va alors devoir affronter la plus épique de toutes ses aventures pour conserver une place dans l’histoire.






I. Sens dessus dessous

Une louche de « Inside Out », une pincée de « Toy Story », une cuillère à soupe de « Charlie and the Chocolate Factory » et un zeste de « The Truman Show » et vous obtenez ipso facto la tambouille des plus fadasses étiquetée « Le Prince Oublié », nouvelle fiction signée Michel Hazanavicius. Autrement dit, le papa de la version cinématographique d’OSS 117 mange à tous les râteliers. Sans ménagement ! Sauf que le cinéaste ne possède ni la recette magique de Pixar, ni la fougue visuelle de Tim Burton et encore moins le talent de l’illustre Peter Weir. Problème : ses références parsemées çà et là de manière foutraque s’avèrent tellement appuyées qu’il nous est impossible de faire abstraction. Même armé des meilleures intentions du monde, le quinquagénaire ne parvient pas à proposer un geste cinématographique qui soit formellement neuf et fondamentalement passionnant.

II. Mal lui en prit !

Avec ce film de commande, le Français fait sa première incursion dans le conte enfantin. Mal lui en prit ! Le réalisateur se prend les pieds dans un récit rachitique, niais et prévisible au possible. Et dire qu’il a refusé de mettre en scène le troisième OSS à cause de son scénario… Ça promet ! Dans « Le Prince Oublié », l’histoire n’est autre qu’une resucée de thèmes bateau vus et revus des millions de fois, que ce soit sur le grand écran ou sur la petite lucarne. En substance, on suit un père veuf confronté à l’émancipation de sa fille unique. En passant des primaires au collège, celle-ci s’éloigne et vit sa vie d’adolescente. Et dans les histoires que le duo se raconte sous la couette, le « Prince papa » devient un personnage de second plan, oublié, qui doit laisser sa place au nouveau protagoniste : le « Prince boyfriend ». Et le metteur en scène de s’amuser dans ces deux mondes, ou quand la réalité répond à la fiction et vice-versa.

III. Un prince oublié… oubliable !

Pour incarner la figure paternelle, la production s’est octroyé les services d’Omar Sy. Si celle-ci peut compter sur la générosité et la joie communicative du comédien, ce dernier est malheureusement desservi par des dialogues mièvres d’une platitude consternante. Idem pour les personnages secondaires. Si l’antagoniste campé par l’inénarrable François Damiens s’en sort plutôt bien, Bérénice Béjo (épouse du réal’) en fait des caisses pour exister à l’écran. Et elle n’a rien à se reprocher tant c’est bien le scénario, rédigé sans une once de subtilité, qui pose problème. S’il y a bien l’une ou l’autre trouvaille visuelle réjouissante (le monde imaginaire en studio de cinéma, les publicités des abribus etc.), le résultat final conduit inévitablement au désappointement. Une vraie déconvenue pour un métrage qui s’affiche comme le grand divertissement familial de ce début d’année. Poussif, mou, inégal, ce « Prince Oublié » est bien peu inspiré.

Note : 

Critique : Professeur Grant

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