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samedi 29 février 2020

Onward


Dans la banlieue d'un univers imaginaire, deux frères elfes se lancent dans une quête extraordinaire pour découvrir s'il reste encore un peu de magie dans le monde.





I. L’un des pires Pixar

« Onward », signé Dan Scanlon, réalisateur du peu inspiré « Monsters University », est l’un des pires Pixar. Ok ? C’est bon ? On a toute votre attention ? Poursuivons. Les mots sont forts ? D’accord. Durs ? Peut-être. Justes ? Assurément ! En regardant dans le rétroviseur, nous prenons vraiment conscience de la réelle qualité de la filmographie du studio d’Emeryville. C’est que la petite lampe bondissante nous a rarement déçus, accumulant les chefs-d’œuvres et autres excellentes fournées avec une régularité quasi métronomique et une facilité aussi insolente qu’épatante, faisant jalouser par-là les concurrents de l’animation.

II. Mi-chèvre, mi-chou

Et même les productions en demi-teinte épinglée par l’aréopage cinéphilique mondial, on pense à « The Good Dinosaur », « Brave », « Finding Dory » sans oublier… « Monsters University », on leur trouve finalement des circonstances atténuantes. Qu’on se le dise, « En Avant » (en version française), vingt-deuxième long-métrage mais premier de l’ère post-John Lasseter, est de ceux-là. Soit loin d’être bon, mais pas si mauvais non plus. D’ailleurs, sans doute conscient du résultat, le studio ne mise pas énormément sur ce film au regard de la timide campagne promotionnelle qui entoure sa sortie.

III. Récit rachitique

L’histoire ? Simpliste ! Dans un monde féerique où les créatures fantastiques se côtoient les unes les autres dans la plus parfaite harmonie, deux frères elfes sont bien décidés à faire usage d’une magie ancestrale et quelque peu oubliée aujourd’hui. Objectif : faire revenir leur père décédé l’histoire d’une journée. Voilà. Merci. Au revoir. Non, évidemment, quelques péripéties viennent pimenter leur aventure initiatique. Mais pas des masses non plus. C’est que le récit, des plus rachitiques, mise surtout sur les dialogues entre les deux frangins plutôt que sur les rebondissements.

IV. Logorrhée assommante

En soi, ce parti pris n’est pas une mauvaise idée. C’est même une manière intéressante d’approfondir les deux thèmes principaux de ce conte familial, à savoir le deuil et la fraternité. Sauf que la qualité des échanges est toute relative et, surtout, les confrontations on ne peut plus attendues. Le casting vocal a beau être impressionnant (Chris Pratt, Tom Holland, Octavia Spencer), il ne parvient pas à rendre les discussions mémorables ou ne serait-ce que dignes d’intérêt. On se retrouve alors avec un film verbeux et convenu qui empêche tout rythme de s’installer. Et le spectateur de résister péniblement à cette logorrhée assommante.

V. Artificiel et anecdotique

Par ailleurs, on n’est pas du tout convaincu par l’artificialité du décorum, lequel tient plus de l’anecdote. Les scénaristes se sont efforcés à imaginer un univers magique peuplé de créatures fantastiques sans toutefois développer des enjeux qui justifient réellement ce choix. La fantasy ne sert finalement que de décor. Un environnement proche du nôtre d’ailleurs, sauf qu’ici les clochards sont des… licornes ! Ainsi, hormis l’une ou l’autre idée (un gag par-ci, une facilité scénaristique par-là) qui connecte l’intrigue à ce monde imaginaire, l’histoire aurait très bien pu se passer sur notre planète.

VI. L’art de faire vibrer la corde sensible

Une fois n’est pas coutume, Pixar s’intéresse avant tout à ses personnages et à la quête intime qu’ils traversent. Comme susmentionné, on retrouve le thème du deuil déjà exploité par le studio avec une infinie justesse dans « Up » et « Coco », deux œuvres qui touchent au sublime. Ici aussi, l’émotion vous submerge sans que vous puissiez contrôler vos réserves lacrymales. Car, comme à l’accoutumée avec la lampe bondissante, elle parvient à vous toucher droit au cœur, sans pour autant sortir les violons pour engager les trémolos. Ce n’est jamais gratuit, toujours raccord avec l’histoire qui nous est contée.

VII. Sans plus

Sensible mais non dénué d’humour, « Onward » est un divertissement familial efficace qui plaira tant aux enfants pour les échappées magiques et aventureuses qu’aux parents pour le très beau message plein d’espoir injecté en filigrane dans le récit. Un coming of age movie sympathique mais pas assez bien ficelé que pour prétendre au label qualité Pixar. C’est que la société d’animation nous a habitués à nettement mieux. D’ailleurs, il nous tarde de découvrir sa prochaine livraison : « Soul », de Pete Docter (Inside Out), nouveau directeur artistique de Pixar. Au menu : un aller-retour dans un royaume cosmique pour découvrir ce qui fait notre essence. Tout un programme !

Note : 

Critique : Professeur Grant

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