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lundi 10 janvier 2022

Netflix Chronicles: Chapter Twelve

 


Première fois

« Toute première fois, toute, toute première fois ». Voilà. Le tube de Jeanne Mas va tourner dans votre caboche pour le reste de la journée telle une insupportable ritournelle. Merci qui ? Plus sérieusement, cette rengaine nous permet d’introduire une réalité cinématographique qui fait plaisir à voir dans le paysage des plateformes de streaming. Et en particulier Netflix. En effet, on peut critiquer la firme multinationale sur bien des aspects, mais s’il y a bien un élément sur lequel elle est irréprochable, c’est dans la recherche de nouveaux auteurs. Véritable dénicheuse de talents, la société s’est évertuée, ces dernières années, à donner un coup de pouce à des inconnus, mais aussi à des personnalités du septième art. Dans ce chapitre, pas moins de cinq hommes et femmes venus d’horizons différents se sont lancés dans leur premier long-métrage.

Maggie, Rebecca, Lin-Manuel, Jeymes et Douglas

On a ainsi pris plaisir à regarder les premiers longs-métrages de Maggie Gyllenhaal (The Lost Daughter) et Rebecca Hall (Passing). Dans les deux cas, les comédiennes nous ont fait forte impression avec des œuvres d’une grande maîtrise, tant sur le plan esthétique que narratif. Chez les hommes, on a pu découvrir l’incroyable « Tick, Tick… Boom ! », comédie musicale de haute volée mise en scène par cette pépite tout droit venue de Broadway nommée Lin-Manuel Miranda, ainsi que le savoir-faire technique de Douglas Attal (Comment Je Suis Devenu Super-Héros) et Jeymes Samuel (The Harder They Fall).

Sans oublier les auteurs de fin d’année

Fin d’année oblige, Netflix a mis le paquet pour s’attribuer les services d’auteurs confirmés afin de se faire une place au soleil durant la saison des cérémonies. Objectif : briller aux Golden Globes et surtout aux Oscars afin d’obtenir une légitimité toujours contestée par certains nonobstant le sacre, il y a trois ans, de « Roma » signé Alfonso Cuarón. Et pour 2021, la plateforme a sorti le grand jeu (et le chéquier). Lisez plutôt : Adam McKay et sa horde de stars (Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Cate Blanchett) dans la satire « Don’t Look Up », Jane Campion et son western psychologique « The Power of The Dog » ou encore Paolo Sorrentino et sa chronique familiale napolitaine toute personnelle « È stata la mano di Dio ». Ces deux derniers ont déjà fait forte impression auprès de la critique après leur passage remarqué à la Mostra de Venise. La Néo-Zélandaise a été saluée pour sa mise en scène tandis que l’Italien est reparti avec le Grand Prix du Jury. Sans oublier le trophée du meilleur scénario accordé à Maggie Gyllenhaal pour l’adaptation du roman d’Elena Ferrante « The Lost Daughter ».

De bon augure pour la récolte des statuettes dorées. Verdict le 27 mars prochain lors de la 94e cérémonie des Oscars. En attendant, découvrez ci-dessous nos avis sur les dernières sorties estampillées du N rouge :


Don’t Look Up (3/5)

McKay s’éclate toujours autant sur le sentier de la farce corrosive mais sa satire, pas assez vitriolée, tire à blanc et s’avère inoffensive



È stata la mano di Dio (4/5)

Du rire aux larmes, du sublime au vulgaire, Sorrentino réussit là où Cuarón a échoué. Sa chronique familiale est un bel ascenseur émotionnel



The Power of The Dog (3/5)

Pas à la hauteur des attentes. Jane Campion dissèque la virilité dans un western plus abouti dans sa dimension formelle que sur le fond.



The Lost Daughter (4/5)

Maggie Gyllenhaal s’offre un premier film d’une impressionnante maîtrise formelle et narrative. Un vrai talent de cinéaste à suivre de près.



Passing (3/5)

Première copie réussie pour Hall. On retient l’élégance de la mise en scène, la profondeur de la réflexion et le jeu brillant des actrices.



Tick, Tick… Boom ! (3/5)

On vient surtout pour le talent de Miranda, mais on sort in fine du film avec la performance méritoire de Garfield. And the Oscar goes to…



The Unforgivable (2/5)

La dissonance entre l’artificialité de la mise en scène de Fingscheidt abusant des flashbacks et le réalisme du jeu de Bullock nuit au film.



Red Notice (2/5)

Ce film a si peu d’idées à proposer qu’il en devient fascinant. Son projet: pompage ad libitum du catalogue des blockbusters hollywoodiens.



The Harder They Fall (2/5)

Dialogues indigents, musiques envahissantes, récit chétif, ce western pop aux accents tarantinesques est sauvé par son casting en or massif.



Army of Thieves (2/5)

Pas aussi naze qu’on aurait pu le penser grâce à l’abattage de Schweighöfer, ce film de casse n’a pour autant pas grand-chose pour lui.




Stowaway (3/5)

Après Arctic, Penna revient derechef avec un survival anxiogène épuré au suspense maîtrisé. Captivant malgré un troisième acte qui toussote.



Bac Nord (3/5)

Western urbain sous stéroïde, Bac Nord rappelle aux cinéphiles que le cinéma hexagonal peut nous pondre des polars de qualité supérieure.



Comment Je Suis Devenu Super-Héros (2/5)

Nonobstant quelques faiblesses narratives et balourdises, le film est d’une efficacité exemplaire. Divertissant, généreux et spectaculaire.



De Slag Om De Schelde (3/5)

Formellement irréprochable avec une production design des plus réalistes, le film convainc moins dans sa dimension narrative, trop mécanique



Bo Burnham : Inside (4/5)

Claquemuré dans sa chambre, Burnham livre avec ce « special » ce qu’on a vu de plus drôle, touchant et inventif en 2021. Quelle perf !


Bonus de dernière minute


Death to 2021 (4/5)

Cette rétrospective au vitriol brille derechef par son montage caustique et ses commentaires sarcastiques. Il nous tarde d’être fin 2022 !

- Professeur Grant -

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