mardi 31 janvier 2012

Shame


We're not bad people. We just come from a bad place.” 
À New York, la vie privée soigneusement bien rangée de Brandon - qui souffre de dépendance sexuelle - est perturbée lorsque sa sœur Sissy débarque à l'improviste pour un séjour à durée indéterminée.


Si le personnage central de ‘Shame’ n’était pas aussi possédé par la honte, le film aurait pu s’appeler ‘Lust’. Après ‘Hunger’, Steve McQueen nous revient avec un film coup de poing au propos faisant écho à l’actualité (l’affaire DSK, Charlie Sheen, Tiger Woods, etc). 
Michael Fassbender et Carey Mulligan se partage s’affiche de ce film interdit au moins de 17 ans et tourné en 25 jours.  
Si ‘Shame’ n’est aucunement un film tout public, il faut reconnaître l’éclairage didactique que le film apporte sur cette addiction qui est en passe d’être reconnue comme un véritable trouble mental. Pour beaucoup cependant, cette dépendance sexuelle reste une pseudo maladie de coureurs de jupons ne sachant pas réfréner leurs pulsions.

Si Michael Fassbender n’a pas hésité à mouiller son maillot pour ce rôle (il se met à nu à plusieurs reprises), Carey Mulligan a fait de même dans un tout autre registre. Pendant quelques minutes et sur un petit fond de musique jazzy, elle n’a pas hésité à pousser la chansonnette (‘New York, New York’). La moindre des choses que l’on peut dire, c’est qu’elle s’en sort divinement ! Cette scène a d’ailleurs été filmée en temps réel ; Fassbender écoutant Mulligan chanter pour la première fois.

Mais ‘Shame’ est-il malsain ? Et bien, oui ! Certaines scènes sont vraiment glauques même si la plupart restent tolérables. Le réalisateur, Steve Rodney McQueen (il n’y a à mes yeux qu’un seul Steve McQueen), s’efforce pourtant de filmer cette addiction le moins crument possible. Il filme ainsi le plus souvent le mélange des corps et le déchainement des passions et ne cherche pas à en montrer trop quand ce n’est pas nécessaire. A trop vouloir être réaliste et précis, le film de McQueen tombe dans la catégorie des films réservés à un public averti. Il est donc inutile d’emmener belle-maman au ciné, celle-ci serait probablement choquée après la projection.

Déjà avec son premier film ‘Hunger’, Steve Rodney McQueen avait fait fort. Avec ‘Shame’, il confirme ses talents et accède ainsi au panthéon des jeunes réalisateurs qui marqueront le cinéma de demain. La palme aux acteurs qui délivrent ici une prestation ébouriffante !

Note: 
Critique: Goupil 

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