mercredi 27 février 2013

Silver Linings Playbook




La vie réserve parfois quelques surprises…

Pat Solatano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents. 
Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme.
Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives.




Dans ce charivari pré-Oscar où les grands noms monopolisent l’attention médiatique, il serait regrettable de passer à côté de l’œuvre la plus intéressante du moment: Silver Linings Playbook. Une petite pilule de bonheur dont vous auriez tort de vous priver.
L’histoire? Celle de Pat, un trentenaire bipolaire qui a tout perdu, femme, maison, travail. Obligé de retourner vivre chez ses parents, il n’a qu’une envie, reconquérir sa femme, seul moteur d’espoir pour lui. Pour ce faire, ce dernier va se lier d’amitié avec une jeune veuve dépressive, Tiffany, qui lui demandera en retour une petite faveur…
On exagère à peine en assertant que ce film est une leçon d’acting. Bradley Cooper et Jennifer Lawrence forment un tandem formidable. Une complicité, une alchimie, une parfaite osmose se dégage de ce duo. Tous les deux peuvent revendiquer l’Oscar de la meilleure interprétation.
Avec ce personnage lunatique et névrosé, Bradley Cooper quitte son statut de «bogoss» qui lui colle à la peau depuis The Hangover et entre de plain-pied dans la catégorie des acteurs talentueux. Confirmant ainsi tout le bien qu’on pense de lui depuis son rôle dans Limitless. Par ailleurs, on attend avec impatience The Place Beyond The Pines de Derek Cianfrance (Blue Valentine) avec Ryan Gosling et Eva Mendes. Quant à Jennifer Lawrence, du haut de ses 22 ans, elle assure une véritable présence magnétique à l’écran.
Tous les comédiens accordent leurs violons pour jouer la même partition. Les seconds rôles font également des étincelles avec notamment Robert De Niro (la figure paternel) qui livre une prestation sans cabotinage et aux antipodes de ces dernières errances dans des séries b de piètre qualité. Cela faisait une éternité que Bob n’avait plus été aussi émouvant. Quant à Jacki Weaver, vue précédemment dans la fiction australienne Animal Kingdom, elle est tout simplement juste et attachante dans le costume de la mère. Enfin, on retrouve avec étonnement un revenant, Chris Tucker (The 5th Element, Rush Hour), dans un tout petit rôle de barjo qui lui sied à ravir.
La réussite du métrage tient aussi en sa parfaite maîtrise de l’équilibre entre le drame et la comédie. À la fois très marrant et vraiment touchant, Happiness Therapy (en version «française», on se comprend…) offre des émotions justes, crédibles et sincères. David O. Russell, cinéaste insaisissable à qui l’on doit les «quasi chefs-d’œuvre»  Three Kings et The Fighter, a l’intelligence ne pas parfumer son métrage à l’eau de rose comme si c’était une vulgaire romcom spécialement calibrée pour divertir la soirée dominicale de midinettes décervelées. La facilité, la guimauve, le médiocre, ce n’est pas son style! Ici, le réalisateur confirme ses qualités de directeur d’acteurs montrées précédemment dans The Fighter. Sous son égide, tous les comédiens donnent le meilleur d’eux-mêmes.
Par contre, d’un point de vue formel, on regrettera ses partis pris de mise en scène. Sa caméra brinquebalante, ses plans très mais surtout trop rapprochés, son montage un chouia speedé ne collent pas avec le sujet. Mais on adore sa manière de traiter la complexité et la confusion mentale de ses héros, incapables de contrôler leurs émotions.
Silver Linings Playbook est le feel-good movie du moment. Un rayon de soleil chaleureux venu de nulle part qui vient vous réchauffer le cœur à l’heure où les froides températures vous glacent le corps. Suave, drôle, touchant… En un mot, immanquable!

Note: ★★★★
Critique: Professeur Grant

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