mercredi 15 mai 2013

The Great Gatsby


Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool. Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d'absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

- "You can't repeat the past."
- "Can't repeat the past? Why, of course you can."



Quatrième adaptation du roman éponyme de F. Scott Fitzgerald, 'The Great Gatsby' voit une Amérique succomber à la drogue de l'argent sur fond d'utopie amoureuse et de fatalité. Dans le roman, Fitzgerald y dépeint une période somme toute licencieuse qui voit arriver la prohibition et l'envol du jazz. 

Disons-le sans tourner autour du pot : 'The Great Gatsby' n'est pas parfait. La narration est gauche et au final dérangeante : Nick Carraway – Maguire, le narrateur - nous envoie moult informations à la figure à tel point que cela devient vite indigeste. La bande originale constitue un pari osé (Jay-Z, Beyoncé, etc) pour un film s'installant dans les années folles. Quelques anachronismes sont même à relever (en 1922, le Chrysler Building et l'Empire State Building n’en étaient pas encore au stade des fondations).

À des années lumières de la mielleuse adaptation de Jack Clayton (1974) où Robert Redford tenait le premier rôle, Baz Luhrmann ('Moulin Rouge', 'Romeo + Juliet' & 'Australia') fait dans le trop-plein, dans la démesure visuelle. Qu'eût été cette version si le réalisateur avait daigné donner à son film toute la décadence requise à l’œuvre tout en se refusant toute forme d’excès de zèle ? On s'interroge encore quant à l'utilité de la 3D.

Que dire du casting, si ce n'est que nous sommes ici en présence d'une distribution de haut vol. Joel Edgerton ('Warrior', 'The Thing', 'Zero Dark Thirty', etc), Carey Mulligan ('Pride & Prejudice', 'An Education', 'Drive', etc), Tobey « Spidey » Maguire et « last but not least », Léo Dicaprio, l'acteur probablement immunisé des navets.

Étonnamment, celui qui est parvenu à comprendre au mieux la vision de Fitzgerald n'est pas le réalisateur mais son cheval de bataille : Léonardo Dicaprio  EST Jay Gatsby. Dans une scène, il passe habilement de la confiance absolue à l'embarras le plus profond, et tout cela de dos ! Le réal quant à lui nous met en scène de la décadence avec décadence en nous infligeant tapageusement un surplus d'effets visuels.

À certains moments, la photographie est à tel point parfaite qu'on se met à penser qu'Annie Leibovitz soit subrepticement venue mettre son petit grain de sel. On pense à deux moments (le saxophoniste sur le balcon et la scène de golf sur le ponton) où l'on en prend plein les mirettes.

Même si l'on est très loin de l'adaptation neutre mais élégante de Clayton, 'The Great Gatsby' nouveau n'en demeure pas moins divertissante. Visuellement épatant et porté par un casting solide, le film de Baz Luhrmann ne vous laissera pas sur votre faim. 

Note : ★★★
Critique : Goupil

Autre point de vue : 


Excessif! The Great Gatsby l’est carrément. Doit-on s’en étonner avec Baz Luhrmann aux commandes? Non. La démesure formelle est à la hauteur des outrances du personnage principal, lequel vit dans une Amérique fantasmagorique. Celle-ci se déploie tout au long du métrage. Par contre, se justifie-t-elle? Pas sûr. Mais que c’est flamboyant, que c’est clinquant! L’imagerie kitsch, l’emphase costumière, les décors tapageurs, la bande-son tonitruante, les anachronismes savoureux, la débauche d’effets visuels et sonores etc., il n’y a pas à dire, l’Australien se complaît dans l’exubérance. Le spectateur en prend plein les mirettes et les esgourdes.

L’esthétique bling-bling a cependant du mal à cacher le manque de profondeur et de finesse quant au matériau de base, à savoir le roman de Francis Scott Fitzgerald. Le montage épileptique fatiguera la rétine de certains. Par chance, ces deux bémols n’entravent pas la mécanique bien huilée de divertissement estampillée «Baz Luhrmann». Son film file à toute allure, boosté par un casting sans fausse note où Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire et Joel Edgerton brillent de mille feux. A défaut d’être un chef d’œuvre, The Great Gatsby est un divertissement chic qui vaut le détour dans les salles obscures.

Note: ★★★
Critique: Professeur Grant

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