mardi 29 juillet 2014

Dawn of The Planet of The Apes



Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s'est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.







Promoteur inébranlable de la performance capture, Andy Serkis porte quasiment à lui seul la suite de «Rise of The Planet of the Apes», justement titré «Dawn of The Planet of the Apes». Ne tergiversons pas, la star anonyme (!) figure comme l’atout numéro un de ce métrage. Après avoir donné vie à Gollum, après s’être pris pour King Kong, après avoir été le choix ad hoc pour donner chair au Capitaine... Haddock (ça, c'est fait!), le comédien se perfectionne dans la gestuelle simiesque tout en conférant des sentiments et de l’intelligence à César, ce fameux singe évolué qu'il a joué en 2011.


Mieux qu’une interprétation masquée par la technique mocap (motion capture), l’Anglais se livre à une incroyable incarnation du véritable héros de cette fiction. Si l’anthropomorphisme se montre aussi efficace, c’est grâce à un savant mélange entre, d’une part, une technologie qui semble aujourd'hui arrivée à son apogée et, d’autre part, un remarquable jeu d’acteur professionnel. Le résultat est époustouflant de réalisme.

Le travail confectionné par les Néo-Zélandais de la société d’effets spéciaux Weta Digital, déjà à l’origine des aventures cinématographiques en Terre du Milieu, est saisissant voire même troublant tant les primates semblent plus vrais que nature. Évolution sensible voire peut-être même révolution notoire dans l’Histoire des effets visuels, cet «Affrontement» est le premier film ou le protagoniste évolue en capture de mouvement dans un univers réel tourné en extérieur. Loin des studios, l’innovation technique engendre un hyperréalisme qui s’apprécie directement sur le grand écran. Pour le spectateur, cela se traduit par une immersion immédiate dans l’histoire contée par Matt Reeves. 

Après l’effroyable échec artistique que fut «Cloverfield», ce dernier semble être parvenu à remonter la pente. Ainsi, après la sortie du quasi chef-d’œuvre «Let Me In», l’un des meilleurs films de vampires de tous les temps, celui-ci offre un deuxième épisode dans la droite lignée du prequel. Interprétation sans faille, scénario malin avec une profondeur émotive et psychologique et dans lequel la structure basique gentil-méchant est intelligemment renversée, mise en scène inventive, SFX bluffants, direction photo impressionnante, composition musicale inspirée, Reeves s’est bien entouré et apparaît in fine comme un digne successeur de Rupert Wyatt, réalisateur de l'antépisode, lequel, estimant le délai de pré-production trop court, a préféré se tourner vers d’autres projets.

Là où certains blockbusters estivaux, en mode décérébré, se la jouent feu d’artifice avec un lourd déploiement dans la surenchère visuelle et où les effets pyrotechniques y demeurent à profusion (la pétarade Transformers 4...), le cinéma de Matt Reeves se voit comme une bénédiction pour tous ceux qui apprécient les divertissements «grand spectacle» intelligents. Le metteur en scène parvenant même à ajouter de la poésie dans ses images notamment avec ce superbe plan giratoire sur le tank durant l’assaut des anthropoïdes. Enfin, le cinéaste se montre diablement efficace dans la montée en puissance de la tension belliqueuse entre simiens et humains ainsi que dans l'instauration d'une ambiance lourde et pesante. 

Si d’ordinaire les suites déçoivent, ici, ce n’est pas le cas. Évidemment, on pourrait reprocher une intrigue un brin faiblarde et une carence en rebondissements mais ce serait ergoter sur quelques peccadilles qui n’entravent en rien le plaisir d’assister à un divertissement de haut vol. La meilleure superproduction de l'été?

Note:
Critique: Professeur Grant


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