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mardi 11 juillet 2017

Greta Gerwig en 5 films

Greta Gerwig, ou la figure de proue du cinéma indépendant
 
Partout où elle passe, Greta Gerwig met tout le monde d'accord. Que ce soit par son intelligence, ses réflexions sur des questions largement existentielles à l’occasion d’interviews, ou son charme naturel, la jeune américaine convainc. Elle porte d’ailleurs très bien son deuxième prénom : Celeste. Greta est cette actrice que vous connaissez à moitié. Elle est cette star (montante) que vous avez déjà vue dans bon nombre de films sans pour autant pouvoir mettre un nom sur son harmonieux minois. C’est une scene stealer (comprenez : une voleuse de scène). Après lecture de cet article, vous ne la regarderez plus comme avant.

Greta Gerwig est née en 1983 à Sacramento en Californie. Avec ses origines allemande, irlandaise et anglaise, la jeune femme a tout pour plaire. Intéressée par la danse dès son plus jeune âge, la jeune enfant rêve de faire carrière dans le music hall. Après les secondaires, elle co-fonde un groupe d’improvisation nommé “The Tea Party Ensemble” (dont faisait partie Kate McKinnon - grande habituée au Saturday Night Live). Diplômée du Barnard College en philo et en langue anglaise, Greta se fixe pour objectif de décrocher un job comme scénariste. Sa rencontre avec le réalisateur Joe Swanberg en 2007 va permettre à l’actrice de devenir l’héroïne d’une série de films intellectuels low budget. Il y a d’abord eu “Hannah Takes the Stairs”, puis “Baghead” et enfin “Nights and Weekends”. Le quotidien à l’époque n’était pas évident : enchaîner les projets sans la moindre rentrée d’argent, vivre en coloc et renoncer à toute intimité; Greta a connu tout cela. Ensuite vint “Greenberg” et, avec lui, un budget autrement plus conséquent. Alors presque inconnue, l’actrice parvint à éclipser Ben Stiller. La porte était ouverte pour des films plus mainstream. Il faudra attendre 2012 avant d’embrasser le succès avec “Frances Ha”, film pour lequel elle sera nominée aux Golden Globes.

Sa participation aux films “Hannah Takes the Stairs” (2007), “Northern Comfort” (2010), “Frances Ha” et “Mistress America” (2015) est l’occasion pour elle, d'une part, de développer ses talents d’actrice et, d’autre part, d’exploiter ses prédispositions scénaristiques. 
Se pencher sur sa filmographie, c’est tenter d’approcher l’actrice, tenter d’esquisser le portrait de cette femme singulière. Ambitieuse, spirituelle, talentueuse, excentrique : les adjectifs ne manquent pas pour décrire Greta Gerwig. Dans beaucoup de films, elle est la grande sœur qu'on aurait rêvé d’avoir. Dans d’autres, elle est cette femme qui se cherche et qui tente de trouver sa place dans la société. Avec un filmographie irréprochable, l’actrice semble accorder plus d’importance au choix du réalisateur plutôt qu’au script.

Deux de ses films sont des déclarations d’amour à la ville de New York ; cette ville aux infinies opportunités qui sourit seulement aux plus doué-e-s. Ce qui fait la marque de fabrique de ses personnages, ce n’est pas tant le talent mais plutôt un colossal enthousiasme. L’actrice donne quant à elle dans le jusqu’au-boutisme lorsqu'il s’agit de développer ses personnages dans les moindres détails. Façon de marcher, façon de tenir un verre, aucun détail n’est laissé au hasard.

Pour Greta, devenir une star Hollywoodienne n’a jamais été un but en soi. À nos collègues de Time Out, elle avoue préférer faire partie d’un ensemble. Elle s’extasie  encore en recevant ses chèques et n’en revient toujours pas d’être payée à exercer un métier qui reste pour elle une passion.

Elle sera bientôt à l’affiche du prochain Wes Anderson (excusez du peu), intitulé “Isle of Dogs” (sortie prévue en 2018).  
 
Voici huit autres raisons de vous intéresser à elle :

  • Elle a déjà tourné sous la direction des frères Duplass, de Noah Baumbach - son compagnon - et de Woody Allen.
  • Elle se paie une romance avec le personnage de Ben Stiller en 2010 (“Greenberg”).
  • Elle vole presque la vedette à Natalie Portman dans “No Strings Attached” (2011).
  • Elle propose à ses parents de jouer leur propre rôle dans “Frances Ha” ; film qu’elle co-écrit.
  • En 2014, pour son rôle dans “The Humbling”, elle flirte avec le légendaire Al Pacino.
  • Elle est aussi réalisatrice (“Night and Weekends” sorti en 2008 et bientôt “Lady Bird” avec Saoirse Ronan).
  • Elle se réserve un segment entier du dernier film de Todd Solondz (“Wiener-Dog”).
  • À l’âge de 28 ans seulement, elle fut récompensée au Festival du Film d’Athènes. 

Filmographie sélective
Trêve de bavardages, voici une sélection de cinq films dans lesquels elle occupe le devant de la scène.

#1 Lola Versus (2012)
Lola
Un rôle vraiment touchant qui annoncera la couleur de ses prochains personnages.

#2 Frances Ha (2012)
Frances
Assurément son rôle le plus déluré. C'est presque une profession de foi : de la vie, de la débrouillardise et de la recherche de sens. Le plus ? L’esthétisme de ce film tourné en noir & blanc.  

#3 Mistress America (2015)
Brooke
Réalisé par son compagnon, Noah Baumbach, le film donne à Greta un rôle de modèle à suivre taillé sur mesure. En s’amusant très clairement à l’écran, l’actrice confirme tout son talent en incarnant une autodidacte à deux doigts (ou serait-ce un ?) de l’hyperactivité.

#4 Maggie’s Plan (2015)
Maggie
Sans conteste son rôle le plus attachant. Sous la direction de Rebecca Miller, l’actrice excelle. Tiraillée entre plusieurs choix de vie, elle est bouleversante de réalisme. L’alchimie avec Ethan Hawke saute aux yeux ! Notre critique complète ici.

#5 20th Century Women (2016)
Abigail ‘Abbie’ Porter
Très certainement son rôle le plus abouti puisqu’en plus de se chercher, son personnage joue aussi les role models pour le fils de sa logeuse. La scène de danse dans la chambre et la conversation sur les menstruations lors d’un dîner arrosé sont franchement cultes ! Le plus ? Son style vestimentaire inspiré et sa coupe de cheveux rouge/feu inoubliable font de ce personnage carrément punk un véritable esprit libre. Vous êtes passé-e à côté du film ? Lisez notre critique ici.

Mentions honorables
Difficile de ne sélectionner que cinq rôles tant sa filmographie est de qualité. Nous retiendrons notamment son apparition très remarquée dans “LOL” (2006), son effroi dans “Baghead” (2008), son rôle de meneuse dans la sororité de “Damsels in Distress” (2011), sa naïveté dans “To Rome with Love” (2012) et son regard complice envers Natalie Portman dans “Jackie” (2016).     

Sur ce, nous vous laissons avec le clip Afterlife (Arcade Fire) dans lequel elle joue. Cinq minutes : c’est tout le temps nécessaire pour se rendre compte de tout le potentiel de cette actrice renversante.  

Goupil

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