dimanche 31 décembre 2017

Murder on the Orient Express


Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie.






Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Penélope Cruz, Judi Dench, Willem Dafoe, Derek Jacobi, Josh Gad, Daisy Ridley… En somme, tout le gratin de la planète Hollywood s’est donné rendez-vous dans la nouvelle adaptation de « Murder on the Orient Express », l’incontournable investigation du fin limier belge Hercule Poirot, ficelée en 1934 par Agatha Christie.

Pour mettre en scène cette enquête, Ridley Scott et toute sa clique de producteurs choisissent Kenneth Branagh… Mal leur en a pris ! C’est que les récentes œuvres de sa filmographie en tant que réalisateur ne jouent pas en sa faveur. Les rétines des spectateurs se souviennent avec douleur de l’émétique navet « Cendrillon », live action du dessin animé homonyme de Disney. Ou comment avilir l’héritage d’un Classique sans avoir l’air d’y toucher.

Pis, sa dernière incursion dans le thriller  avec le pitoyable « The Ryan Initiative », vaine tentative de remettre une licence qui allait déjà à vau-l’eau sur les rails. Le résultat de ce « Jason Bourne du pauvre » est sans appel et parle de lui-même : une catastrophe autant économique qu’artistique. Et pour ce qui est du premier volet des aventures super-héroïques de Thor, le fameux Asgardien de l’écurie Marvel, la vacuité du récit n’a rien engendré de mémorable.

Bref, en quittant le cinéma anglais pour aller chercher les pépètes au sein de l’industrie cinématographique californienne, le Nord-Irlandais a véritablement vendu son âme au diable. Pourquoi s’obstine-t-il à passer derrière la caméra, alors que ses qualités devraient s’apprécier devant ? A-t-il cependant redoré son blason avec son dernier long-métrage, actuellement dans nos salles obscures ? Nous sommes derechef forcés de répondre par la négative.

Aucune singularité, aucune surprise, aucun panache, aucun génie. En se reposant uniquement sur son casting, d’apparence flamboyante, le cinéaste ne témoigne en réalité d’aucune ambition, qu’elle soit formelle ou narrative. Ce dernier ne parvient pas à transcender un récit poussif d’où n’émerge finalement aucun suspens, aucune tension, aucun mystère, soit un comble lorsqu’on s’attaque à une œuvre de la papesse du polar.

De façon scolaire et beaucoup trop appliquée, le scénario enchaîne sans brio les numéros discount de chaque comédien. Des acteurs transparents qui font le minimum syndical, claquemurés dans une intrigue mollassonne. Face à ces histrions qui cachetonnent sans retenue, le compositeur Patrick Doyle tente cahin-caha de donner du rythme, quitte à négliger un principe clef : se faire oublier (!) Sa musique est beaucoup trop envahissante.

Quant à Branagh, casquette de comédien vissée sur la caboche, celui-ci occupe l’espace en cabotinant joyeusement avec ses belles bacchantes et sa verbosité intarissable. Ce dernier ne démérite pas mais il ne réussit pas à nous émouvoir ni à nous faire rire, nonobstant ses nombreuses tentatives. Quant à son accent improbable et soi-disant belge, il n’a strictement rien à voir avec notre beau royaume. Sans doute provient-il d’une contrée fictive de la francophonie fantasmée par notre quinquagénaire…

En substance, ce métrage impersonnel et sans relief a beau profiter d’une distribution clinquante et d’effets spéciaux bling-bling, il n’a finalement aucun éclat. Il subit de plein fouet un lourd déficit de charme et d’authenticité. Tout y est fade, terne et somme toute peu passionnant. Ce film de commande particulièrement laborieux peine à devenir le divertissement qu’il se croit être. Bref, un coup d’épée dans l’eau.

Notre conseil : n’embarquez pas dans ce train en toc, restez à quai et économisez votre argent. Et dire que Kenneth Branagh souhaite adapter « Death on the Nile »… De guerre lasse, nous ne serons pas du voyage.


Note :
Critique : Professeur Grant

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