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vendredi 26 octobre 2018

Kursk


KURSK relate le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 Koursk, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu’à bord du navire endommagé, vingt-trois marins se battent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément contre les blocages bureaucratiques qui ne cessent de compromettre l’espoir de les sauver.






I. K-141 Koursk

Après le naufrage de « Valérian et la Cité des Mille Planètes », EuropaCorp n’a plus le droit à l’erreur. Avec des comptes dans le rouge, Luc Besson doit réfléchir à deux fois lorsqu’il s’engage dans un nouveau long-métrage. Cependant, ce marasme n’empêche pas le papa de Nikita de poursuivre son job comme bon lui semble. Ainsi, le 7 novembre prochain, les spectateurs belges pourront découvrir sa nouvelle superproduction débarquer dans les salles obscures. « Kursk », du nom de ce submersible nucléaire soviétique qui a sombré dans les abysses de la mer de Barents en 2000, raconte trois histoires : la survie d’une poignée de sous-mariniers dans un compartiment du navire qui prend l’eau, l’attente interminable des familles des victimes laissées dans le désarroi le plus total par des autorités se limitant à des discours de façade et l’impossible opération de sauvetage menée par l’armée russe. Trois intrigues passionnantes et suffocantes que nous suivons d’un regard attentif grâce, d’une part, à une mise en scène sobre et dépouillée d’artifices spectaculaires qui permet au film de gagner en justesse et, d’autre part, à un montage habile maintenant la pression durant les deux heures de métrage.

II. International

Confié au Danois Thomas Vinterberg, réalisateur virtuose des excellents « Festen », « Jagten » et « Far From The Madding Crowd », Besson s’est également assuré d’obtenir un casting cosmopolite de tout premier choix pour vendre plus facilement son film à l’international. C’est ainsi que vous croiserez le Belge Matthias Schoenaerts, le Britannique Colin Firth, la Française Léa Seydoux, l’Allemand August Diehl, l’Autrichien Peter Simonischek ou encore le Suédois Max Von Sydow. Si certains sont plus à l’aise que d’autres, tous parviennent à nous faire croire au drame qui se joue devant nous. Ceux-ci sont bien aidés par un récit qui mêle ingénieusement l’action et l’humain. Cela émis, le scénariste de « Saving Private Ryan » Robert Rodat éprouve davantage de difficultés à nous convaincre quant à la dimension politique de cette tragédie. A force de vouloir brasser large et tout traiter en profondeur, ce dernier s’éparpille et bâcle finalement la question la plus intéressante posée par le métrage : comment peut-on expliquer la déconvenue du sauvetage des membres de l’équipage ?

III. Das Boat

A la fois victimes des réminiscences de la Guerre froide, des restrictions budgétaires dans l’armée et d’un matériel toujours plus vieillissant, les sous-mariniers auraient pu s’en tirer s’il n’y avait pas eu cette frilosité diplomatique qui mine les relations internationales. Rodat l’évoque mais il ne creuse pas davantage la question, peut-être par peur d’une réaction soviétique. Souvenez-vous du retour de manivelle nord-coréen suite à la diffusion de la parodie « The Interview » signée par le tandem James Franco / Seth Rogen, et qui a provoqué une crise au sein de Sony Pictures. Ainsi, sous prétexte de s’intéresser au facteur humain (trop longue partie avec Seydoux et les familles des victimes), le scénariste néglige la dimension diplomatique vachement plus pertinente (Firth malheureusement trop peu présent à l’écran). Si sur le plan cinématographique ce thriller claustrophobique n’arrive pas à la cheville du chef-d’œuvre incontournable du genre, l’allemand « Das Boat » de Wolfgang Petersen pour ne pas le nommer, il a cependant le mérite de secouer les consciences en mettant en lumière une tragédie révélatrice du fonctionnement de certains gouvernements, prêts à la plus grande ignominie pour ne pas admettre ses propres défaillances.

Note : 

Critique : Professeur Grant

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