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mardi 14 mai 2019

Long Shot



Fred, un journaliste au chômage, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre... que son ancienne baby-sitter ! Avec son allure débraillée, son humour et son franc-parler, Fred fait tâche dans l’entourage ultra codifié de Charlotte. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme maladroit et touchant ?







1. Le charme de Charlize, l’humour de Seth

Difficile d’être totalement objectif quand on est sensible au charme ravageur de Charlize Theron et à l’humour décalé de Seth Rogen. D’autant plus que ce « Long Shot » est mis en scène par Jonathan Levine à qui on doit les sympathiques comédies « Warm Bodies », « 50/50 » et « The Night Before ». On taira le désastreux « Snatched ». Mais tentons l’exercice de la critique nonobstant cette confession. Fred, un journaliste au chômedu, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre... que son ancienne baby-sitter. Avec son allure débraillée, son humour trash et son franc-parler, le polémiste fait tâche dans l’entourage ultra codifié de la Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme si maladroit ?

2. Gags et guimauve

Sur l’affiche, on a du mal à associer la belle Sud-Africaine avec l’indécrottable trublion canadien. Et pourtant, ces deux-là forment un couple terriblement attachant. On ne va pas se mentir, sur le papier, on n’y croyait pas une seule seconde. Résultat à l’écran, la magie opère, et ce grâce à une belle complicité entre les deux comédiens. Et la romcom de fonctionner à merveille avec ce qu’il faut de guimauve pour sucrer les ardeurs des plus romantiques des spectateurs. Si le film assume son côté fleur bleue, il ne déverse pas pour autant dans l’eau de rose. Ceci grâce à quelques gags réussis et dialogues pas piqués des hannetons venus désamorcer toute situation un brin trop mièvre. On peut compter pour cela sur l’abattage de Rogen, toujours à l’aise dans l’art du contre-pied humoristique. Dommage toutefois que le récit verse avec beaucoup trop de facilité dans un humour potache dispensable qui réduit considérablement la réflexion.

3. Satire politique vs comédie romantique

Car, si on gratte le vernis de la comédie romantique marketée par la campagne publicitaire, on découvre un long-métrage qui emprunte par moments des chemins satiriques savoureux. Hélas, il ne s’y aventure qu’avec quelques pas fébriles. L’enjeu aurait été autrement bien plus passionnant. Levine semblant manifestement moins à l’aise sur ce terrain-là, il raccroche son film à un train-train de comédie, genre qu’il affectionne particulièrement. C’est pourquoi on doit se farcir une vision simpliste, naïve et caricaturale des dessous de la politique américaine. Parfois, on a l’impression de lire la version « La politique US pour les nuls ». Le pire étant la caricature faite du personnage de Parker Wembley, magnat médiatique aussi grotesque que le président des Etats-Unis (l’actuel et celui du film). Pourquoi un film populaire sur des enjeux politiques doit-il automatiquement avoir un traitement simplet ? Regrettable.

4. Film post-#MeToo

Ceci étant, si ce « Long Shot » ne convainc guère lorsqu’il dépeint le monde diplomatique, il s’avère nettement plus pertinent quand il emprunte des voies féministes. Qu’on se le dise, cette fiction post-#MeToo fait du bien à voir dans une industrie qui peine à se débarrasser de son emprise paternaliste. Le message, bien que peu subtil, est très rafraîchissant et a le mérite d’exister. D’autant plus que ce film rassembleur s’adresse à une large audience dans laquelle on retrouve une partie du public peu instruite. On ne peut donc que saluer une production qui met en avant des protagonistes féminins forts avec des enjeux tout aussi importants. De la même manière, les personnages masculins sont placés dans des rôles généralement dévolus à des femmes. Le récit ayant la bonne idée d’inverser les rôles. L’épilogue est à ce titre savoureux.

5. Good vibrations

Feel-good movie par excellence, ce « Long Shot » est un divertissement enlevé tout à fait recommandable. Certes, cette pantalonnade pèche par quelques maladresses (trop long, trop gras, peu subtil, peu original), mais elle envoie également quelques bonnes vibrations et distille avec légèreté une sacrée dose de bonne humeur qui fera plaisir à tous ceux qui pousseront les portes de la salle obscure. Notez qu’on y retrouve également quelques caméos sympas à l’image de Lisa Kudrow (on apprend ainsi que l’actrice qui jouait Phoebe dans la mythique série « Friends » existe toujours !), Andy Serkis (débarrassé de ses capteurs de la mocap), Bob « Saul Goodman » Odenkirk ou encore Alexander Skarsgård (fils de…). Drôle sans être hilarant, sentimental sans être neuneu, à la fois pertinent et convenu, « Long Shot » n’a pas à rougir face à la concurrence dans son genre.

Note : 

Critique : Professeur Grant

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