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vendredi 17 mai 2019

Dolor y gloria

Dolor y gloria” raconte une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d'autres par le souvenir, dans la vie d'un réalisateur en souffrance. Premiers amours, les suivants, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L'impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l'insondable vide face à l'incapacité de continuer à tourner.



Julieta” (2016), “El piel que habito” (2011), “Volver” (2006), “Habla con ela” (2002), “Todo sobre mi madre” (1999), “Atame!” (1990). La filmographie de Pedro Almodóvar force le respect. En fil des décennies, le cinéaste a su construire une oeuvre reconnaissable parmi mille. Il revient cette année avec un film bénéficiant d’une réalisation minutieuse et d’un cadrage fort soigné. 

Il faut remonter à 2011 pour tomber sur un film convenable dans la filmographie d’Antonio Banderas. Entre deux, l’ex-Zorro et presque sexagenaire collectionne les déconvenues. Seuls “33” et “Ruby Sparks” valent le détour. C’est peut-être ce qui a poussé Antonio à revenir tourner en Espagne. Peut-être que seul Almodóvar avait la sensibilité nécessaire pour mettre en valeur l’acteur de 58 ans. Peut-être est-il le seul à voir en lui autre chose qu’un héros masqué prêt à exécuter la moindre cabriole. Tiendrait-il avec “Dolor y gloria” son meilleur rôle ? C’est notre humble avis ainsi que celui du jury Cannois. Que dire de la gracieuse et talentueuse Penélope Cruz dans un rôle attendrissant qui lui va à merveilles ? Asier Etxeandia - qui gagne à être connu - joue l’acteur has been comme personne. 

Tonalement proche de “Volver”, “Dolor y gloria” est un film d’Almodóvar à propos d’Almodóvar. Banderas joue d’ailleurs l'alter ego du réalisateur. Le film illustre à quel point un acte de création peut se transformer en exercice cathartique et ainsi mener à la guérison. Le cinéaste dévoile une vision colorée de la vie urbaine. Les plans de Madrid sont sublimés par l'émouvante BO d’Alberto Iglesias.  

Faisant preuve d'une virtuosité technique (le cadrage de l’ensemble et cet époustouflant plan final) et d'une sensibilité difficilement égalable, le vieux tandem Banderas/Almodóvar renoue avec le succès ! Le cinéaste espagnol donne à Antonio Banderas un de ses plus beaux rôles et veille à cimenter l’empreinte de son compadre ainsi que la sienne dans la pellicule ibérique. Du grand Almodóvar! 

Note:
Critique : Goupil

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