vendredi 12 juillet 2019

The Lion King


Au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à cœur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar, le frère de Mufasa, l'ancien héritier du trône, a ses propres plans. La bataille pour la prise de contrôle de la Terre des Lions est ravagée par la trahison, la tragédie et le drame, ce qui finit par entraîner l'exil de Simba. Avec l'aide de deux nouveaux amis, Timon et Pumbaa, le jeune lion va devoir trouver comment grandir et reprendre ce qui lui revient de droit…







Naaaaaaants Ingonyaaaaaaaaaaaaama Bagithi Babaaa!!! L'aube, le ciel teinté d’orange, une plaine aride. Et Elton qui s’époumone. Oui, on confirme, « Le Roi Lion » est de retour. Comme promis, donc, Disney nous refourgue sa troisième adaptation superfétatoire de l'année d’un de ses Classiques après « Dumbo » et « Aladdin ».

L’histoire ? Pas besoin de vous la conter, car elle ne change pas d’un iota. D’ailleurs, écrivons-le d’emblée, ce métrage n’a aucune autre ambition que celle de retranscrire fidèlement le film d’animation de 1994. C’est qu’il est difficile de faire mieux qu’un chef-d’œuvre absolu.

Jon Favreau, déjà aux commandes d’un « The Jungle Book » de très bonne facture, ne s’est pas posé trente-six questions et s’est encore moins encombré de questions déontologiques ou éthiques. Il n’y a aucun changement par rapport à l’œuvre originale, ou presque. Pis, le réalisateur reprend plan par plan les mêmes séquences.

Ainsi, on peut difficilement parler d’œuvre artistique tant la mise en scène s’apparente davantage à un plagiat de ce que proposait le tandem Roger Allers/Rob Minkoff dans les années nonante que d’une relecture soumise à un nouveau point de vue créatif.

Du coup, ne cherchez pas l’originalité dans cette production mercantile qui ne sert qu’un seul et unique but : capitaliser sur un titre mondialement connu. Dès lors, il y a finalement très peu de choses intéressantes à écrire sur cette version animée à 100% en images de synthèse, au même titre qu’un « Toy Story » (on ne parle donc pas de « live action movie » contrairement à ce qu’on peut lire çà et là).

Mais, du coup, cela pose une question : si « Le Roi Lion » était un chef-d’œuvre instantané, cette retranscription actuelle l’est-elle aussi ? Non, car elle ne possède pas l’aura de l’original, soit la puissance créatrice qui faisait du dessin animé une œuvre singulière, à part entière, unique en son genre, inaccessible.

Et puis, parce que les effets spéciaux, aussi époustouflants soient-ils, gardent un côté froid qui empêche les émotions de jaillir. Ainsi, la production a beau avoir réalisé un travail impressionnant sur le photoréalisme, elle s’est heurtée à un mur : à trop chercher le réalisme, l’équipe a oublié que des animaux trop fidèlement redessinés ne peuvent transmettre correctement des expressions humaines.

Ce que le dessin animé, lui, réussissait avec brio grâce à l’anthropomorphisme. Dans le même ordre d’idées, les séquences de comédie musicale ne fonctionnent pas aussi bien que dans le film de 94. On suit donc les aventures de Simba sans trop s’identifier, en faisant davantage attention aux qualités visuelles du métrage. Visuelles mais pas que. Vos esgourdes apprécieront également le déplacement dans la salle obscure.

Car il faut bien avouer que la partition est sublimissime. C'est qu’il y a du beau monde dans le studio d'enregistrement : Hans Zimmer, Beyoncé, David Glover, Pharrell Williams ainsi que le duo oscarisé Tim Rice & Elton John. La paire revient d’ailleurs avec une nouvelle chanson présentée dans le générique.

Et toujours au rayon sonore, notons encore l’excellence du doublage dans la version originale. Si on prend plaisir à retrouver la voix de James Earl Jones dans la peau de Mufasa (Jean Reno redonne de la voix en version française), on retiendra surtout les performances vocales de Billy Eichner et Seth Rogen, alias Timon & Pumba. D’ailleurs, le suricate et le phacochère volent la vedette.

En substance, la version 2019 est moins émouvante (la froideur des effets numériques), moins drôle (l’effet de surprise n’y est plus) mais plus époustouflante (les sfx). Efficace sans être original, que ce soit dans le scénario ou dans la mise en scène, ce Roi Lion mérite le coup d’œil si vous êtes atteint d’Alzheimer, si votre enfant ne connaît pas le dessin animé ou si vous êtes un inconditionnel de la maison de Mickey.

Divertissant ? Oui. Nécessaire ? Non.

Note: 

Critique: Professeur Grant

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