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lundi 27 janvier 2020

Jojo Rabbit


Jojo est un petit allemand solitaire. Sa vision du monde est mise à l’épreuve quand il découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans leur grenier. Avec la seule aide de son ami aussi grotesque qu'imaginaire, Adolf Hitler, Jojo va devoir faire face à son nationalisme aveugle.






I. La guerre selon Jojo

En voilà une proposition cinématographique originale et gouleyante sur le nazisme ! Sociétaire émérite et éminent des hurluberlus de la grosse farce, l’inénarrable Taika Waititi (Thor : Ragnarok, What We Do in the Shadows) met en boîte une comédie satirique colorée, loufoque et punchy sur la jeunesse hitlérienne. Adapté du best-seller « Le ciel en cage » de la Belgo-Néo-Zélandaise Christine Leunens, le film suit les péripéties de Jojo, un garçonnet allemand tellement endoctriné qu’il a fait du Führer son ami imaginaire. Si tout allait bien jusque-là, sa vision du monde est quelque peu mise à l’épreuve quand notre fanatique découvre que sa maman chérie cache une jeune fille juive dans leur grenier. Et Jojo le héros de devoir faire face à son nationalisme aveugle.

II. Truculence et délectation

Casting truculent, gags visuels désopilants, humour de situation tordant, dialogues décapants, running gags hilarants, le Néo-Zélandais s’en donne à cœur joie et met nos zygomatiques à rude épreuve pour notre plus grand plaisir. C’est que le cinéaste, à la fois scénariste et réalisateur, n’a pas son pareil pour tourner en dérision des situations dramatiques. Les comédiens s’amusent et cela se voit à l’écran. Scarlett Johansson, Sam Rockwell, Rebel Wilson, Stephen Merchant ou encore Taika Waititi himself se délectent de leurs personnages hauts en couleur. Mention spéciale à la distribution des jeunes pousses : on devrait rapidement entendre parler du trio Roman Griffin Davis, Archie Yates et Thomasin McKenzie.

III. L’art délicat de la dramédie

Sans fermer les yeux sur les atrocités du Troisième Reich, le récit brasse des thèmes intéressants (l’enfance dans un contexte de guerre, la haine de l’autre, le droit à la différence…) sur une tonalité résolument singulière, laquelle apporte un peu de fraîcheur dans une industrie hollywoodienne qui pousse les producteurs au conformisme et à la standardisation. Cela émis, et nonobstant quelques réjouissantes ruptures de ton, la greffe ne prend pas toujours entre le drame et la pantalonnade. Peut-être parce que Taika Waititi place le curseur tellement loin dans la farce qu’on a parfois du mal à prendre tout cela très au sérieux. La charge émotionnelle étant diluée dans une succession de scènes parodiques. Mais pas de quoi bouder son plaisir. Ruez-vous dans les salles obscures !

Note : 

Critique : Professeur Grant

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