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mercredi 19 février 2020

Birds of Prey and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn



Birds of Prey est une histoire déjantée racontée par Harley en personne – d'une manière dont elle seule a le secret. Lorsque Roman Sionis, l'ennemi le plus abominable – et le plus narcissique – de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s'en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. Les parcours de Harley, de la Chasseuse, de Black Canary et de Renee Montoya se télescopent et ce quatuor improbable n'a d'autre choix que de faire équipe pour éliminer Roman…






C’est aussi bonbon dans le rose que concon dans le propos. Mais, sérieusement, demandait-on autre chose après la découverte de la version punk d’Harley Quinn proposée par Margot Robbie dans « Suicide Squad » ? Critique complète ici :

I. Fantabulous !

Prenez une bonne respiration et allez-y, citez le titre kilométrique du film : « Birds of Prey and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn ». Une dénomination qui fonctionne comme un pitch voire une promesse pour l’aficionado hardcore de la maison DC Comics. Narratrice de l’histoire, Harleen Quinzel (Margot Robbie, parfaite) vous conte ses mésaventures faisant suite à sa séparation avec son « poussin » de Joker. On évoque ici le Clown Prince of Crime de l’abominable « Suicide Squad », dont le métrage est une suite indirecte, et non le stand alone movie avec le fraîchement oscarisé Joaquin Phoenix.

II. Sorority Rising

Sans mentor pour s’encanailler dans les bas-fonds de Gotham City, sans maître pour la protéger de la pègre locale ou des forces de l’ordre, celle-ci va peu à peu perdre pied et tomber dans les affaires interlopes de Roman Sionis (Ewan McGregor, en mode cabotin), un mafieux aussi louche que redouté. C’est alors qu’elle croise le chemin de différentes personnalités vengeresses comme Huntress, Black Canary et Renee Montoya. Un quatuor improbable qui n’a qu’une idée en tête : éliminer celui qui souhaite faire main basse sur la ville. Et c’est parti pour deux heures de pyjama party sanguinolente.

III. Lethal Weapon

Car ici, on redouble d’inventivité pour occire le tout-venant. Vas-y que j’atrophie celui-ci, voilà-t-il pas que j’écorche celui-là. Et pour les autres ? Un sort à l’avenant. On utilise tout ce qu’on trouve dans les parages : batte de baseball, talons aiguilles, grenade, arbalète et autres armes blanches parfaitement aiguisées. Rien de mieux pour colorer la pellicule de pourpre. Le tout sur une tonalité résolument irrévérencieuse : humour débridé et dialogues WTF, métafiction et défonçage du quatrième mur à coup de regards caméra et de répliques qui apostrophent le spectateur, violence exacerbée sur une bande-son rock…

IV. Politically Incorrect

Bref, on reprend l’excellente et mensongère bande-annonce de « Suicide Squad » comme modèle et on lui rajoute le côté vilain petit canard de « Deadpool » chopé au passage dans la maison d’en face, le voisin Marvel. Résultat ? Ça fonctionne plutôt pas mal. Nonobstant de plantureux défauts (climax expéditif, personnages secondaires à peine esquissés, répétitions, facilités scénaristiques), la réalisatrice Cathy Yan et la scénariste Christina Hodson parviennent à s’émanciper de la chape de plomb du politiquement correct qui cloisonne bon nombre d’adaptations de comics pour proposer un geste cinématographique légèrement transgressif.

V. Cartoon

De l’ensemble, on retiendra surtout l’habillage du film. Esthétique pop, réalisation cartoonesque, palette graphique colorée, ralentis stylisés, la cinéaste sino-américaine fait montre de tout son savoir-faire, particulièrement à l’aise dans l’action débridée, avec des scènes de combats plutôt bien chorégraphiés. Elle propose bien plus d’idées de mise en scène en un film que tous les exécutants réunis dans le Marvel Cinematic Universe. Pop, fun, trash, « Birds of Prey » est un petit plaisir coupable décomplexé qui se laisse regarder sans forcer. Un shoot d’adrénaline explosif et subversif dans la veine des délires de Matthew Vaughn, papa de la saga « Kingsman », dont le prochain volet a été renvoyé aux calendes grecques.

Note : 

Critique : Professeur Grant

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