Chloé Zhao en 3 films

 


 

Sorti en fin 2025 aux US, ‘Hamnet’ continue son petit bonhomme de chemin chez nous après after raflé deux Golden Globes en janvier dernier. La réalisatrice Chloé Zhao n’en est d’ailleurs pas à son premier film. Avant de vous partager notre avis sur ‘Hamnet’, voici un retour sur ses trois précédents films. 

 

 

 

The Rider (2017)

 


Après ‘Songs My Brothers Taught Me’, Chloé Zhao pose sa caméra au fin fond de l’Amérique rurale, celle les gens sont authentiques et beaux.

Elle nous montre des paysages à couper le souffle, et il n’y a rien à reprocher à sa réalisation, tant la lumière est joliment utilisée. Des plans poétiques nous laissent voir la « vraie vie » des cow-boys. Les person(nag)es qu’elle nous montre à l’écran, crèvent d’authenticité. On voit leurs combats intérieurs, leur vulnérabilité, on les voit réfléchir et faire des choix. Ses acteurs ne sont pas des professionnels – on visionne presque un documentaire, tant la fiction est proche de la réalité.

Brady, notre nouveau cow-boy préféré est déchiré face au choix qui s’impose à lui : les médecins lui interdisent de remonter à cheval, alors que ces descendants de Pégase sont son unique raison de vivre.



Nomadland (2020)

 


Après l’effondrement économique de la cité ouvrière du Nevada où elle vivait, Fern (Frances McDormand) décide de prendre la route à bord de son van aménagé et d’adopter une vie de nomade des temps modernes, en rupture avec les standards de la société actuelle. De vrais nomades incarnent les camarades et mentors de Fern et l’accompagnent dans sa découverte des vastes étendues de l’Ouest américain.

La caméra de la réalisatrice capture sans mal la sérénité apparente de ces gens de la route malgré le fardeau de leur situation précaire. Sous l’œil bienveillant de la cinéaste, la vie sur la route n’a jamais été aussi touchante. Rappelons au passage que la grande majorité du casting ne fait pas partie de la sphère du cinéma. Tout ce beau monde fait montre d’une résilience à toute épreuve. Il faut dire que ces dernier-e-s sont constamment à la recherche de petits boulots et ne peuvent se permettre de prendre leur pension. La réalisatrice évite la facilité en soulevant une question délicate. Bien que cette vie sur la route offre bon nombre d'avantages, que se passe-t-il si le van (ou plutôt... le corps) montre des signes de fatigue ?



Eternals (2021)

 


Certes, le métrage tente cahin-caha de sortir du moule, de faire un pas de côté, de prendre du recul et produire quelque chose d’un chouïa différent, tant dans le fond que dans la forme. Et l’installation de ces personnages déifiés inconnus du grand public était une bonne occasion d’ouvrir les horizons de cette quatrième phase du Marvel Cinematic Universe. Mais la greffe de l’auteure placée dans la galaxie ultra codifiée et hyper balisée du MCU ne fonctionne pas. Comme écrasée par l’imposant cahier des charges, la réalisatrice du méritoire « Nomadland » éprouve les plus grandes difficultés à émerger, peinant à s’y retrouver dans son récit, ballottée entre l’obligation d’introduire chaque personnage et l’envie d’imprégner sa pellicule d’une touche toute personnelle (sa sensibilité, son rapport à l’environnement, l’utilisation des décors naturels).



Le retour de Cholé Zhao à un cinéma plus indé et moins tape-à-l’œil est donc une bonne nouvelle. Et vous, comptez-vous aller voir ‘Hamnet’ ?



Professeur Grant, Choupette & Goupil

 

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