Mortal Kombat II
Les champions plébiscités par les fans – désormais secondés par Johnny Cage en personne – s’affrontent dans un tournoi ultime, sans foi ni loi, pour tenter de renverser le règne de Shao Kahn, un tyran qui menace l’existence même de l’Earthrealm et de ses partisans.
Mortal Kombat, bis repetita
Round 2. Fight ! Retour dans l’Outremonde pour le second volet cinématographique de Mortal Kombat, toujours réalisé par Simon
McQuoid. On attendait cette nouvelle livraison avec une certaine impatience. Oui,
votre humble serviteur l’avoue avec une once de culpabilité : on a adhéré
à la proposition de 2021. Pire, le MK
signé du tâcheron en chef Paul W. Anderson de 1995 reste un petit plaisir
coupable qu’on ne se surprend plus à revoir en deuxième partie de soirée sur la
petite lucarne. C’est bien simple, comme tous les bambins bercés trop près de
la borne d’arcade dans les eighties, cette
licence demeure un incontournable de notre enfance. On a kiffé le premier jeu
sur PC, adoré le deuxième sur Game Boy et on ne vous cache pas qu’on chérit nos
meilleurs souvenirs avec le troisième sur Super Nintendo. Fatality, Animality, Babality, Friendship ont rythmé nos pauses
vidéoludiques dans les années 90. Terminer nos devoirs suffisamment tôt dans
l’après-midi pour rejouer le combat mythique entre le glacial Sub-Zero et
l’increvable Scorpion revenait pour nous à une flawless victory.
Exposant deux
Mais revenons-en au film. Comme
le jeu, MK2 augmente ses
capacités : meilleurs graphismes, nouveaux personnages et développement du
lore. Sans surprise, le récit, rachitique, comme à l’accoutumée, est un
prétexte à une kyrielle d’affrontements bigger
than life. Mais, cette fois-ci, le scénariste Jeremy Slater a le bon goût
de ne pas forcer la mythologie à grand renfort d’éléments contextuels. Le
spectateur vient principalement pour la castagne. Il ne sert à rien de lui
vendre un univers brinquebalant auquel il aura forcément du mal à croire. Pas
de logorrhée superflue et frustrante. Pour le coup, le scénario, ultra balisé
et prévisible, va droit au but sans en faire des caisses, s’en tenant à sa
mission première : en mettre plein les mirettes au rythme d’une
historiette qui tient suffisamment la route pour que l’audience puisse adhérer
aux enjeux. Bien entendu, il faudra toujours se boucher les esgourdes quand les
personnages se mettent à déblatérer. Les dialogues restent d’une niaiserie
affolante. N’est pas Audiard qui veut. Mais ce n’est pas ce qu’on lui demande.
Karl Urban entre dans l’arène
Simon McQuoid aime Mortal Kombat, c’est indéniable. En
témoignent la connaissance des personnages (coups signature, mises à mort
mythiques), les nombreux clins d’œil (décorum et arènes emblématiques du jeu) et
un authentique respect de l’esprit MK (Finish
him !!). Il a également corrigé ce qui titillait les fans hardcore dans
le premier volet : l’attention portée sur le protagoniste inventé Cole
Young, le manque de combats, l’absence de Johnny Cage, une des icônes du jeu. A
ce propos, quelle merveilleuse idée d’avoir confié le rôle au charismatique
Karl Urban ! Si le Néo-Zélandais ne ressemble pas du tout à l’ersatz
vidéoludique de Jean-Claude Van Damme (Midway Games rêvait d’associer l’image de
notre JCVD national au jeu, sans jamais parvenir à concrétiser l’idée), il a la
cool attitude qui colle parfaitement
à cette vedette de série B d’action en perte de vitesse. D’ailleurs, bonne
nouvelle, il est au cœur de l’intrigue, face à l’incontournable Princess
Kitana (Adeline Rudolph, irréprochable) et l’effroyable Shao Kahn. Ainsi, le
film gagne en humour et en présence. Quoique la rigolade n’est pas le point
fort du réalisateur. La comédie étant une mécanique de précision et de rythme,
celui-ci galère pas mal à mettre en scène et à monter ces séquences plus
légères.
Bête et méchant, et un poil frustrant
Question baston, distinguons la
quantité de la qualité. Pour le nombre, l’aficionado de la première heure sera
aux anges. Particulièrement généreux, le métrage enchaîne les uppercuts, high kicks et autres pouvoirs surnaturels en restant fidèle à l’esprit
console. Plus bourrin (si, si, c’est possible), plus gore (du sang, des boyaux,
de la rate et du cerveau), plus over the top, MK2 fait un petit bond dans la trivialité, ce qui n’est pas pour
nous déplaire. Mais quel dommage de voir ces chorégraphies filmées de manière
si peu inventive. A l’instar du premier opus, la mise en scène pèche par un
manque de créativité. Beaucoup trop sage, elle n’exploite pas suffisamment les
possibilités offertes par le jeu. McQuoid ne travaille pas suffisamment les
ambiances, n’exploite pas assez les décors, expédie beaucoup trop vite les
combats. Certes, l’action est lisible, mais ça ne cogne pas aussi durement qu’un
The Raid ou un John Wick, par exemple. Par ailleurs, on regrette toujours autant l’attrait
du réalisateur pour les CGI, au
détriment des effets spéciaux pratiques. Le résultat à l’écran : trop
numérique, pas assez organique. Autrement dit, à l’image, c’est lumineux, froid,
lisse. Bref, pour le viscéral, on repassera. D’aucuns dans la production ont dû
se tromper de médium ; la plastique du film se rapprochant davantage du
jeu vidéo que du cinéma.
Bête et méchant, mais jouissif et
un poil frustrant, Mortal Kombat 2
fait mieux dans tous les domaines, ce qui est rare pour une suite. A ce rythme,
on attend avec impatience la troisième fournée. Avec, on l’espère, l’arrivée de
nouveaux personnages, comme le trio robotique Cyrax, Sektor et Smoke, ainsi que
de nouvelles créatures (on ne serait pas contre l’arrivée de la Shokan Sheeva et du centaure Motaro). Fingers crossed !
Note : ★★
Critique : Professeur Grant

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