mercredi 6 août 2014

Magic In The Moonlight


Dans les années 20, Stanley (Colin Firth) est un prestidigitateur qui donne un spectacle grimé en Chinois. Il est chargé d'aller démasquer Sophie (Emma Stone), une jeune fille qui se vante d'être une grande médium et dépouille les riches héritiers de leur fortune dans le sud de la France. Sophie a-t-elle de vrais pouvoirs ? Stanley va-t-il tomber sous son charme ?




Le Woody Allen nouveau est arrivé. La question, comme pour tout vino nuovo, est de savoir s'il s'agît d'un grand cru ou d'une piquette. Fort de ses derniers films réussis ('Match Point', 'Whatever Works', 'Midnight in Paris', 'Blue Jasmine'), Woody s'improvise magicien (après un coup d'essai dans 'Scoop') dans ce nouveau long-métrage. 
Pour son 47ème film, il s'adjoint les services de Colin Firth et Emma Stone, couple improbable à l'écran. Stone se montre adroite devant un Firth versé, s'amusant à distiller les répliques sarcastiques. Oscillant entre le charme de Stone et la verve poétique de Firth, le film est exaltant. 

Les répliques surannées font mouche, provoquant sur nos lèvres un sourire qui s’estompe que quand vient le générique.  

Le brio de Woody en une scène: À l'écran: Colin Firth s'agitant et se retournant dans son lit – ne parvenant pas à trouver sommeil après sa rencontre avec Emma Stone. Dans nos oreilles: Beethoven, Molto Vivace, symphonie 9 en ré mineur. Aucun autre son.. Pas une seule réplique.. L'agitation animant ce personnage si cartésien dans ses idées est percevable. Woody réalise cette scène avec maestria.  

L'intrigue est presque surprenante puisqu'il n'est pas ardu de découvrir le pot aux roses. Woody nous hypnotise le temps d'un spectacle de 97 minutes. Tout comme le personnage principal, le spectateur se doit de rester vigilant afin de ne pas se faire mystifier. 

Un moment magique qui passe trop vite. À quand le prochain tour de passe-passe? 

Note:
Critique: Goupil



Deuxième critique - Magic In The Moonlight vu par Professeur Grant:


Le cinéphile belge est chanceux. Contrairement à son voisin d’outre-Quiévrain, le quarante-septième long-métrage de Woody Allen est sorti cet été et non… cet automne. L’Hexagone devra attendre le 22 octobre - date on ne peut plus éloignée qui devrait apprendre aux Français la vertu de la patience - pour découvrir la comédie vintage «Magic In The Moonlight». Veinard le Belge? Pas tellement, en réalité. Car, entre nous, le New-Yorkais nous l’a fait en mode mineur malgré la présence dans l’intrigue de son thème de prédilection au regard de sa filmographie: la magie.

Au menu cette année, une chronique (bien trop) légère mâtinée de romance sur un imbuvable prestidigitateur chevronné qui veut à tout prix débusquer une charmante escroc, laquelle se fait passer pour une prétendue médium. Dans le costume de l’illusionniste, un exquis Colin Firth maniant un humour caustique et sardonique à se tordre de rire. La flamboyante Emma Stone lui donne la réplique en experte d’un spiritisme douteux. Ce face-à-face nous vaut quelques jolis échanges et montre que le cinéaste a toujours su soigner sa distribution et qu’il se révèle brillant dans la direction d’acteurs.

Mais la magie ne prend pas. C’est que le réalisateur se contente d’un récit paresseux et quelque peu artificiel où le pot aux roses se devine d’emblée. Un comble pour une œuvre sur la prestidigitation. On aurait espéré une trame abracadabrante mais Woody, en pilote automatique, nous sert finalement qu’une concaténation de séquences verbeuses à l’ambiance surannée, certes magnifiées par des répliques cinglantes et des dialogues au scalpel, mais qui manquent cruellement de sève et d’intérêt. En outre, on ne peut s’empêcher de se dire que tout cela sent le déjà-vu. Bref, sa romcom sucrée manque de… sel! 

Quant au travail sur la mise en scène, il est inexistant nonobstant un cadre cinégénique (le Sud de la France) et un thème cinématographique (la magie). Le métrage souffre d’une réalisation indolente proche du téléfilm. Le septuagénaire, plutôt d’humeur nonchalante, se contente d’une succession mollassonne de plans rapprochés et ne profite qu’à de très rares moments de son mirifique lieu de tournage, la Provence. On se croirait presque dans un huis clos. Ainsi, même l’effet «carte postale» qui avait plu aux spectateurs de l’inégal «To Rome With Love» s’est envolé. 

Enfin, l’exécrable adaptation pour la version sous-titrée en français finit par pourrir la séance de cinéma. Soyez prévenus, les dialogues sont traduits une fois sur deux. Et quand ils le sont, on se trouve à mille lieux de ce qui a été prononcé par les comédiens. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que de nouveaux mots font clandestinement leur apparition sans même avoir prévenu les garde-fous de la langue française que sont Le Grand Robert ou sa copine Larousse. Au final, chacun est invité à mettre la signification qu’il souhaite sur ces néologismes. Et puis, vous remarquerez que des lettres se perdent çà et là dans les sous-titres. Autrement dit, du tout grand art! Un exercice bâclé. Une honte. 

Ou quand l’illusion du cinéma fait naître la désillusion du spectateur. 

Note:
Critique: Professeur Grant

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