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mercredi 25 mai 2016

Alice Through the Looking Glass


Les nouvelles aventures d'Alice et du Chapelier Fou. Alice replonge au pays des merveilles pour aider ses amis à combattre le Maître du Temps.






« On ne peut pas changer le passé, seulement en tirer les leçons », telle est la grande morale qui traverse cette suite du film «Alice in Wonderland». Une sentence pas du tout prise en compte par Disney tant le studio n’a rien retenu des critiques faites à l’encontre du métrage original. Cela posé, Mickey n’allait pas revoir sa copie sachant que le délire bigarré de Tim Burton fut un carton interplanétaire (un gentil petit milliard de dollar tout de même) qui lança réellement les adaptations en live action des classiques de la maison aux grandes oreilles. En vrac: «Cendrillon», «Maléfique» et bientôt «La Belle et la Bête» ou encore «Dumbo».

Le papa d’Edward aux mains d’argent étant parti sur un autre projet (Miss Peregrine's Home For Peculiar Children, pour une sortie en automne), c’est James Bobin (The Muppets, Muppets Most Wanted) qui reprend le flambeau. Sa mission: assurer la filiation avec le premier opus. Objectif réussi, «Alice Through The Looking Glass» s’affirme comme un digne successeur. Pas de doute, l’ombre de Burton, passé producteur, plane sur la mise en scène. Décors, costumes, univers visuels et personnages, on retrouve tout ce que les adorateurs ont aimé et, du coup, tout ce que les détracteurs ont abhorré.

Oubliez le prologue farfelu voire grotesque, qui voit notre héroïne en capitaine d’un vaisseau pris en chasse par des pirates, et plongez directement avec elle de l’autre côté du miroir pour fuir ses créanciers et leur avidité. Elle y rencontrera derechef ses amis du Pays des Merveilles dont le Chapelier, plus fou que jamais à l’idée de retrouver sa famille que tout le monde pense disparue. Pour aider son ami siphonné du ciboulot qui se meurt de tristesse, Alice devra défier le Temps, en réalité la personnification du temps, et chaparder sa Chronosphère afin de réarranger le passé.

Confié à Linda Woolverton, déjà auteure du premier scénario, le récit permet d’approfondir certains personnages (on sait maintenant pourquoi la Reine Rouge a pris la grosse tête) et dévoile l’une ou l’autre surprise bienvenue. L’intrigue, plutôt convenue, est également un merveilleux prétexte à une débauche d’effets visuels, souvent aboutis (le palais du temps), parfois ratés (Alice et sa machine à retourner dans le passé). A nouveau, cette surenchère numérique n’évite pas une esthétique kitsch aux couleurs criardes d’un goût douteux. Pour l’affirmer sans détours, cette luxuriance tous azimuts nous mène droit à l’indigestion.

Côté casting, nous avons droit à un concours de cabotinage en règle. La palme est décernée, une fois n’est pas coutume, à Johnny Depp qui confond performance avec exubérance. Non, il ne faut pas spécialement en faire des tonnes pour marquer l’esprit du spectateur. L’Américain est à l’image de sa vie sulfureuse : à côté de la plaque. A contrario, le coup de génie est à trouver du côté de l’incarnation du Temps, alias Sacha Baron Cohen. Le Britannique est impérial et vaut à lui seul le déplacement dans les salles obscures. Servi par des dialogues savoureux, il est l’élément principal de cette « sequel » qui, sans lui, n’aurait eu aucune originalité. Le trio féminin emmené par Mia Wasikowska, Anne Hathaway et Helena Bonham Carter reste quant à lui fidèle à lui-même.

Si la réalisation de James Bobin manque d’inspiration, nonobstant l’énorme potentiel de l’histoire, et même si on ne retrouve toujours pas l’art nonsensique cher à Lewis Carroll, ce deuxième volet n’a pas de quoi rougir face aux blockbusters actuels et parvient même à surpasser (un chouïa) l’original par son approche plus affûtée du divertissement. Reste que certains défauts viennent noircir le tableau et empêchent cette superproduction d’être incontournable comme l’omniprésence assourdissante de la musique de Danny Elfman qui fatigue les esgourdes à la longue ou encore l’univers vidéoludique avec ces décors peinturlurés grossièrement heurtant la rétine (vive le fond vert!). En somme, honorable à défaut d’être mémorable.

Note: 
Critique: Professeur Grant

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