mercredi 6 juillet 2016

High-Rise

1975. Le Dr Robert Laing, en quête d'anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d'une tour tout juste achevée ; mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n'ont pas l'intention de le laisser en paix... 

Bientôt, il se prend à leur jeu. Alors qu'il se démène pour faire respecter sa position sociale, ses bonnes manières et sa santé mentale commencent à se détériorer en même temps que l'immeuble.

Avec 'High-Rise', Ben Wheatley ('Sightseers', 'Kill List') s'attaque à une œuvre jugée inadaptable. Pari réussi ? Verdict dans quelques lignes…  



Avec 'High-Rise', Ben Wheatley ('Sightseers', 'Kill List') s'attaque à une œuvre jugée inadaptable. Pari réussi ? Verdict dans quelques lignes…

High-Rise est un building (High-rise = gratte-ciel en français) dans lequel on retrouve tous les avantages de la vie moderne (supermarché, piscine, etc). Tout se passe à merveille dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que de légers problèmes techniques viennent changer la donne. Ces embarras vont mener, doucement mais sûrement, à une orgie de sexe et de violence qui escaladera vers un épilogue au chaos le plus total. Cette montée de la violence est bien sûr à mettre en parallèle avec la panne des ascenseurs. Personne ne pense à fuir ou même à alerter les autorités. Toutes les commodités de l’immeuble ont amené les occupants à se désintéresser progressivement du monde extérieur. L'abandon des « règles » sociales ne saurait tarder.

Adaptation du roman de J.G. Ballard (dont deux romans ont déjà été adaptés sur grand écran : 'Empire of the Sun' et 'Crash'), la force (mais aussi la faiblesse du film) réside en la fidélité au matériel. Le réalisateur (spécialisé dans le traitement du sang, du sexe et de la violence au cinéma) et la scénariste (Amy Jump, sa femme) rendent hommage à l’œuvre de Ballard en oubliant de créer une œuvre véritablement prenante. Pas prenant, mais intriguant.

Le film fait la part belle aux moments cauchemardesques teintés d'anarchie absurde (la scène de rixes dans le supermarché) et de décadence apocalyptique. Nombreux sont d'ailleurs les moments où l'on voit tout ce beau monde tomber. Dans son roman publié en 1975, Ballard prend un malin plaisir à mélanger horreur et excitation dans cette dystopie où les personnes, riches et moins riches, sont enclin à la débauche et à l'ivresse. La stratification sociale est claire : les nantis occupent les hauteurs de l’immeuble. Les pauvres quant à eux sont relégués en bas de la construction.

Tout comme le roman, cette nouvelle version de 'High-Rise' reste située dans les « seventies ». Choix judicieux pour Wheatley & Jump qui n'ont ici aucun mal à se souvenir de leur enfance.

Tom « Loki » Hiddleston prête sa voix et une certaine nonchalance au film. Jeremy Irons (qu'on ne présente plus), Sienna Miller ('Foxcatcher'), Luke Evans ('The Hobbit', 'Immortals', etc) et Elisabeth « Mad Men » Moss complètent le casting « con brio ».

Clint Mansell livre une BO baroque/ punk qui colle bien à cette atmosphère bizarre et excentrique. À l'instar du film, la reprise du titre d'Abba 'SOS' par Portishead ne laissera personne indifférent.

Visuellement « eye-candy », certains plans font de Ben Wheatley un réalisateur singulier à suivre de très près.

Difficile de donner une note à 'High-Rise' tant son style est décalé. Le film a sans surprise reçu des critiques mitigées lors de ses projections en festivals.

Exercice audacieux (et prétentieux ?), cette production rétro-futuriste laisse transparaître la détermination du réalisateur à nous faire part de la vision étrange du romancier. Un poil trop long (qui a dit : « un poil trop ennuyeux » ?), 'High-Rise' se veut perturbant, troublant et éblouissant à la fois. Au plus on s'évertue à donner du sens à cette vision étrange, au plus s'écroule toute cohérence. Plus un hommage qu'une adaptation réussie, 'High-Rise' fait incontestablement partie d'un certain cinéma hors-piste.

Note : 
Critique : Goupil



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