mardi 7 mars 2017

Moonlight

Le passage à l'âge adulte d'un jeune homme, Chiron, pendant l'ère de la guerre contre la drogue à Miami. 





Barry Jenkins a grandi dans le quartier le plus dangereux de Miami, Liberty City. Dans ce milieu défavorisé, il a du faire avec l’assuétude de sa mère. Tarell Alvin McCraney, co-scénariste du film, a vécu une enfance fort similaire. Comprendre d'où viennent les deux scénaristes, c'est comprendre la genèse de 'Moonlight'.

i. Analyse

Basé sur une pièce qui n'a jamais vu le jour ('In Moonlight Black Boys Look Blue'), 'Moonlight' est le meilleur film de 2016. À quelques minutes près, il aurait pu ne jamais entrer dans la lumière (des projecteurs) et donc dans l'Histoire. Flash-back.

Barry Jenkins aurait commencé l'écriture du script dans un bar à Bruxelles (le Lord Byron, un endroit fréquenté par de nombreux expats). Tous les chemins semblent aussi mener à BXL. Une fois le travail de pré-production abattu, le film fut tourné en seulement 25 jours. La fin de l'histoire, nous la connaissons tou-te-s. Trois minutes d'incommensurable désenchantement pour l'équipe du film avant que le producteur de 'La La Land' ne les invite à monter sur scène.
'Moonlight' est le film de tous les records. Jugez plutôt : il est le premier film LGBT à gagner l'Oscar du meilleur film. C'est aussi le premier film avec un casting 100 % afro-américain à recevoir un Oscar ! De plus, avec sa nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur, Barry Jenkins est le quatrième réalisateur noir a être nommé dans cette catégorie. Et puis il y a son ridicule budget de 1,5 millions $ (à titre de comparaison, le budget de Rocky sorti en 1976 avoisinait 1,1 millions $). Avec l'inflation, 'Moonlight' serait le film le plus cheap à avoir remporté le plus prestigieux des bonshommes dorés.

L'histoire de 'Moonlight' ne doit pas être étiquetée LGBT. Elle parle avant tout de harcèlement physique et psychique dans des quartiers ghettoïsés. Vous l'aurez compris, 'Moonlight' est tout sauf un film facile. En témoigne la musique instrumentale qui bien que paisible au début, se voit coupée et saccadée à mesure que le malaise ne perle de l'intrigue. La photographie rivalise d'ingéniosité avec la musique. La scène où Paula (Naomie Harris) a l'air d'admonester la caméra est visuellement grandiose !
James Laxton, par le choix de teintes de bleu turquin, recrée une atmosphère de pleine lune inédite.

ii. Casting
Ce n'est qu'après le début du tournage que les trois interprètes de Chiron – Alex R. Hibbert, Ashton Sanders (déjà repéré dans 'Straight Outta Compton') et Trevante Rhodes se sont rencontrés. Puisque divisé en trois parties, le film permet aux trois lascars d'avoir le même temps à l'écran. Mahershala Ali ('Hidden Figures', 'Free States of Jones', etc), Janelle Monáe ('Hidden Figures') et Naomie Harris (« Moneypenny » dans 'Spectre') se montrent tellement convaincants qu'ils semblent tout droit sortir d'un épisode de la cultissime série 'The Wire' !

iii. Le mot de la fin
'Moonlight' n'est pas seulement un exercice de style. Véritable virtuose, Barry Jenkins dirige les acteurs comme personne. Avec sa remarquable photographie et son scénario sincère et émouvant, 'Moonlight' mérite pleinement la reconnaissance accordée par l'Académie. Après tout, 'La La Land' était déjà sur toutes les lèvres..


Note :
Critique : Goupil 

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