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lundi 9 avril 2018

Lady Bird

Christine "Lady Bird" McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu'infirmière pour garder sa famille à flot après la perte d’emploi de son mari. 




Larve. Nymphe. Coccinelle. Tel est le cycle de la vie de cet insecte rouge et noir. Dans « Lady Bird » (coccinelle en anglais), Christine McPherson ne suivra pas le même cycle. Avant de devenir nymphe, elle devra apprendre à se définir et ainsi espérer voler de ses propres ailes.

Puisque « Mothers and Daughters » était le titre provisoire du film, il va de soi que la relation mère/fille occupe ici une place centrale. La relation, tantôt brute, tantôt tendre, est plus vraie que nature.

Original, sensible, drôle, réaliste et fichtrement bien écrit, le film est une des sorties majeures du mois. Il faut savoir que le script faisait à la base 350 pages et qu’un certain Noah Baumbach – une des figures du cinéma indépendant – s’était proposé de le réaliser. C’était sans compter sur Greta Gerwig pour qui l’heure avait vraisemblablement sonnée. La talentueuse actrice franchit enfin le pas de la réalisation (si on met de côté l’anecdotique « Nights and Weekends » co-réalisé avec Joe Swanberg en 2008).

Pour ce faire, la cinéaste californienne s’est entourée de la crème de la crème au rayon juvénile. Saoirse Ronan – impeccable – (« Brooklyn », « Atonement », « TheLovely Bones ») et Timothée Chalamet (« Interstellar » et plus récemment dans « Call Me by Your Name ») se tournent autour tels les derniers représentants de la race humaine. Lucas Hedges (« Three Billboards Outside Ebbing, Missouri », « Moonrise Kingdom ») joue la troisième roue du carrosse. Laurie Metcalf (grande habituée aux séries TV) et Tracy Letts (« The Post », « The Lovers » ou encore « Wiener-Dog ») viennent prêter main forte aux ados.

Il se dégage de ce « Lady Bird » un on-ne-sait-trop-quoi prenant – serait-ce la patte de la réalisatrice ? – , une aura à mi-chemin entre le cinéma de Wes Anderson (difficile de ne pas penser à « Rushmore ») et celui de John Hugues (« Breakfast Club » est le premier qui vient à l’esprit).

La réalisatrice fait preuve d’un don pour saisir l’insaisissable, rendre visible l’invisible, faire de ces étapes évidentes (première rupture, perte de la virginité, perte d’un-e meilleur-e ami-e) des moments atypiques et fascinants.

Avec deux Golden Globes en poche (meilleur film, meilleure actrice), « Lady Bird » n’aura aucun mal à convaincre et à s’imposer comme un jalon important de la construction identitaire sur grand écran. L’héroïne est touchante et le processus de sa transformation en adulescente, fascinant.

Note :
Critique : Goupil

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