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vendredi 16 septembre 2022

Three Thousand Years of Longing

 


Lorsqu'une érudite britannique (Tilda Swinton) invoque un djinn à Istanbul à l'aide d'une antique fiole magique, elle obtient trois vœux en échange de sa liberté. Des années d'apathie et d'isolement l'amènent à douter de ses souhaits, jusqu'à ce que le djinn, au travers de ses histoires, réveille en elle un profond désir... 



Déclaration passionnée envers le septième art et la tradition du conte oral, « Three Thousand Years of Longing » ne ressemble à AUCUN autre film. Signé George Miller, « Three Thousand Years... » est un film indépendant au budget (relativement) modeste. Cette adaptation de la nouvelle de A. S. Byatt du nom de « Le Djinn dans l’œil-de-rossignol » s’étale sur des siècles et retrace les amours perdus de plusieurs personnages bibliques.

Il y est question du pouvoir caché de l’amour et de ses peines inévitables. Discutant du bien-fondé d’une vie sans désir, ce cousin lointain des Mille et Une Nuits s’avère être un régal visuel. La musique de Tom Holkenborg (Junkie XL) sublime l’ensemble.

Sans pour autant redéfinir la grammaire cinématographique, George Miller soigne son long-métrage en apportant un soin tout particulier à la lumière et à la gestion des dimensions. On se sent très vite déboussolés dans les décors démesurés. Il faut dire que le cinéaste n’en est pas à son coup d’essai quand on sait que sa carrière a traversé les décennies et les genres (« Mad Max » ou encore « The Witches of Eastwick » pour n’en citer que deux).

Bien filmé, « Three Thousand Years... » offre aussi de judicieux enchaînements de plans. L’inventivité plastique et esthétique témoigne d’une imagination hors-norme. Miller sait que l’on se rend au cinéma pour être dépaysé. Des légendes entourant le flirt entre le roi Salomon d’Israël et la reine de Saba, aux complots impliquant le sultan Soliman le Magnifique et son fils le prince Mustafa, en passant par l’histoire de la jeune Zefir, cette femme avide de connaissances enfermée dans le carcan du mariage forcé ; le dépaysement est total !

Audacieux, sublime et inventif, « Trois mille ans à t'attendre » (en VF) se veut fâcheusement moins envoûtant dans son histoire contemporaine que dans ses récits bibliques qui sous nos yeux ébahis semblent prendre vie pour la première fois sur grand écran. La faute, peut-être, à une alchimie entre le Djinn (Idris Elba) et la narratologue Alithea (Tilda Swinton) qui ne tient qu’à un fil. Il n’empêche, George Miller signe à nouveau une vraie proposition de cinéma qui, à l'inverse de son génie, ne risque pas de tomber dans l'oubli. 


Note :

Critique : Goupil

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