mercredi 3 octobre 2012

Dead Man Talking

20 h. Un couloir de la mort quelque part. William Lamers, dernier détenu d'une prison désaffectée, est condamné au Poison pour homicides. La loi ne précisant pas la longueur de sa dernière déclaration, il va profiter de ce vide juridique et se lancer dans un ultime monologue pour échapper à la sentence. Son exécution qui ne devait être qu'une formalité va alors devenir le plus incroyable des enjeux politique et médiatique au coeur d'une campagne électorale pour le moins étonnante et rocambolesque.


Standing ovation de dix minutes, Virginie Efira en larmes, le public en émoi, la toute première «première» du premier long métrage de Patrick Ridremont dans la prestigieuse salle Grand Eldorado de l’UGC De Brouckère en présence de toute l’équipe du film a secoué plus d’un spectateur. C’est qu’on ne peut rester tout à fait de marbre face à Dead Man Talking. Comme toute première œuvre, celle-ci a se
s défauts. L’incertitude de Ridremont quant aux choix du ton à donner à son histoire, des scènes chocs totalement dispensables qui abiment le récit font sans nul doute partie des points noirs. Mais précisons toutefois que ce sont des peccadilles à côté de la formidable audace de cet ofni (entendez «objet filmique non identifié»). Une œuvre inclassable où le tragique se mêle au surréalisme, où la fable devient critique, où l’humour noire s’accoquine avec la caricature, où le drame est bousculé par des sursauts de comédie. Une hardiesse qui fait du bien là où le cinéma ne sort que trop rarement des chemins (mille fois) battus. Il faut d’autant plus saluer cet aplomb – une impertinence jouissive - car elle vient d’un travail «made in Belgium». Avec les moyens du bord, Ridremont (acteur, scénariste, dialoguiste, réalisateur) arrive à nous embarquer sans trop de mal dans cette histoire surréaliste et vachement originale d’un condamné à mort qui n’arrête pas de causer pour éviter la faucheuse. On saluera le casting improbable mais irréprochable où François Berléand, Jean-Luc Couchard et surtout Feu Christian Marin (un des Gendarmes) brillent de mille feux aux côtés de têtes inconnues dont on est curieux de connaître la suite de leur projets (les acteurs jouant le gardien Lopez ou la jeune fille plus particulièrement). On sort de la salle avec l’agréable impression d’avoir regardé un film hors normes, jamais vu auparavant et qu’on verra sans doute jamais plus. Une œuvre unique et personnelle, acide et drôle, qui touche par instant au sublime. Une curiosité à ne pas manquer si vous avez envie de voir autre chose, d’être surpris! C'est bon, c'est belge!


Note: ★★★★

Critique: Professeur Grant

1 commentaire:

  1. Vu hier au Cinéscope. Salle bondée, standing ovation aussi! Patrick Ridremont, qui avait fait le déplacement, était aux anges. Magnifique film. Comme quoi, le cinéma belge existe aussi en dehors des productions Dardenne/ Lanners/ etc. Le film en est à sa troisième semaine en salles, dépêchez-vous d'aller le voir si ce n'est déjà fait!

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