samedi 26 octobre 2013

Eyjafjallajökull


Pour les voyageurs du monde entier, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull est un coup dur. Pour Alain et Valérie, c’est une catastrophe. Car pour arriver à temps dans le petit village de Grèce où se marie leur fille, ce couple de divorcés, qui se voue l’un l’autre une détestation sans borne, va être amené par la force des choses à prendre la route ensemble.





Allez. On se lance. Les yeux fermés. Trois, deux, un: Eyjafjallajökull. Wouhou! Du premier coup et sans faute dans le texte, s’il vous plait. Non, merci beaucoup au passage, mais votre humble serviteur ne mérite pas votre panégyrique. Un peu d’aide à la prononciation? Mais bien sûr, tout de suite: [ˈɛɪjaˌfjadlaˌjœːkʏtl̥]. Ça ne va pas mieux? Ne vous faites pas de bile, votre dévoué scribe aussi n’a jamais rien capté à ces histoires de phonétique.

Soit, passons. Ce qui nous intéresse avant tout, c’est ce film sobrement ré-intitulé «Le Volcan». Un peu comme si le département marketing n’assumait plus l’audace du titre et n’était plus trop sûr de son coup à l’approche de la sortie. Alain Chabat et ses potes de la troupe des Robins des Bois, eux, ont joué le jeu à fond et jusqu’au bout lorsqu’en 2004, ces joyeux lurons sortaient dans les salles obscures le bien nommé RRRrrrr!!! Pas de sous-titre, pas de nouvel intitulé, juste RRRrrrr!!! Ce qui a valu, jadis, quelques fous rires pour les caissières des complexes cinématographiques. «Bonjour, je voudrais deux places pour RRRR». Les plus scientifiques d’entre vous ont même osé des «Une place pour sept fois «R», s’il vous plait». Véridique! Des prix Nobel se cachent parmi nous…

Bref! Revenons-en à nos moutons. Que vaut réellement la nouvelle comédie estampillée Dany Boon qui, rappelons-le tout de même, nous avait sorti, il y a pile-poil un an, le daubissime «Un Plan Parfait»? Un plan foireux, ouai! Un navet qu’on vous invite à ne pas voir. Pourquoi? Voyez plutôt par ici: «Un Plan Parfait». Eh bien, soyez rassurés, on ne nage pas dans les mêmes eaux troubles. Quoique... Ne nous extasions pas non plus. Si la volcanique Valérie Bonneton jouit d’un capital sympathie indéniable qui donne un brin de folie dans ce monde un tantinet morne que représente actuellement la comédie française (franchouillarde?), laquelle éprouve quelques difficultés à se renouveler, Dany Boon, lui, nous refourgue son répertoire classique de grimaces. Et le spectateur de se questionner: le Ch’tis ne sait-il pas proposer autre chose que sa panoplie habituelle de rictus et mimiques? L’acteur le mieux payé de l’hexagone soûle à la longue. Tout simplement. Le tandem mal apparié fait toutefois des merveilles dans quelques scènes.

En réalité, Eyjafjallajökull est une excellente bande-annonce mais un mauvais film. Tous les meilleurs gags y sont, les dialogues les plus savoureux aussi. On sourit plus qu'on ne rit dans cette comédie qui aurait pu proposer une éruption de fantaisie si le réalisateur Alexandre Coffre, à qui l’on doit pourtant le très bon «Une pure affaire» avec notre François Damiens national, n’avait pas enclenché le pilote automatique et placé sa comédie en vitesse de croisière. Cet «échantillon pelliculaire» comme dirait les Inconnus évite soigneusement de nous montrer les situations qui tombent à plat, et elles sont nombreuses à parsemer le métrage. Plat, tiens, comme le récit avec sa trame scénaristique éculée. 

Gardons toutefois en mémoire une note positive. Le ton acide et caustique fait mouche et pique comme il faut. Mais le plus drôle reste ce panneau bien belge qui mentionne «Brandweer» - «pompier» pour ceux qui éprouvent quelques difficultés avec la langue de Vondel - alors que l’histoire tente de nous faire croire que les protagonistes sont en… Slovénie. Ou quand le comique se fait involontaire...

Note:
Critique: Professeur Grant

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