mercredi 4 décembre 2013

Frozen



Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel…  En chemin, ils vont rencontrer de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, braver les conditions extrêmes des sommets escarpés et glacés, et affronter la magie qui les guette à chaque pas.






Si l’héroïne de 'Frozen' chante à tue-tête qu’elle va «fêter ce renouveau», Disney, pour sa part, nous refourgue du déjà vu. Rien de nouveau sous le soleil donc. Pensé, fabriqué et marketé comme un pur produit (surgelé?) commercial servant à alimenter le rayonnage des magasins, cette ‘Reine des Neiges’ est avant tout la souveraine du merchandising. On peine à croire que le projet fut instigué par la branche Animation du groupe. Nous, on y voit plutôt la subtile touche de Disney Consumer Products, soit la filiale consacrée aux produits dérivés.

Tout fleure bon le dollar dans ce film d’animation. Histoire de vendre plus, Mickey nous balance tout en double. Deux princesses (une blonde, une rousse – pour satisfaire toutes les petites filles), deux princes (un beau noble déterminé, un béotien zélé), deux sidekicks (un inévitable animal et un bonhomme de neige rigolo) etc. Doublons aussi les chansons car c’est fun et, soyons fous, doublons également les gains avec une 3D qui ne se justifie aucunement. Amis spectateurs, redoublez donc de vigilance et ne soyez pas dupes face à ce méli-mélo de féerie et de fantaisie bon marché. Avec ‘Frozen’, The Walt Disney Company n’y voit pas un nouveau projet artistique mais bien une potentielle poule aux œufs d’or. Avec cette ambition à peine voilée aux bouts des lèvres: faire aussi bien que la sacro-sainte ‘Raiponce’.

Rétroactes. Disney consolide donc son retour aux films de princesses. Pourquoi ce come-back? Explications. Après le four commercial de la merveilleuse surprise 'La Princesse et la Grenouille' en 2009 et sa première altesse black, la major avait décidé d’en finir avec ce genre qui avait fait la réputation de la maison depuis sa création (l’aînée des icônes alias Blanche-Neige, premier long métrage, date de 1937). Cependant, 'Rapunzel' (2010), rebaptisé 'Tangled' ("emmêlé" en français) en cours de route aux Etats-Unis pour attirer les garçons, était déjà en production. Cette dernière devait sonner le glas des princesses. Conséquence: ‘Les Mondes de Ralph’ sur fond de rétrogaming sortait dans les salles obscures l’année dernière. 

Mais, c’était sans compter le succès inouï au cinéma de la jeune fille blonde aux cheveux kilométriques. En sus d’un engouement sans précédent, le conte des frères Grimm a relancé, par la même occasion, l’attrait des petites filles pour ces jouvencelles aux majestueuses robes. Et voilà-t-il pas que les ventes de produits dérivés font un bond et affolent les pontes de Disney. Les producteurs n’ont pas réfléchi longtemps et ont réintégré le genre avec une commande: un nouveau récit merveilleux à l'horizon 2013. Et pour mettre toutes les chances de leur côté, ils ont misé sur un film d'animation on ne peut plus en phase avec la période de Noël: 'Frozen'. CQFD.

Mais, concrètement, qu’est-ce qu’on en pense? Si vous faites abstraction de la ringardise des chansons horripilantes qu’on ne croyait plus possible au 21e siècle et si vous passez outre le graphisme sans limites et parfois douteux des images de synthèse, 'La Reine des Neiges' vaut le coup d’œil. Adapté d’un conte de Hans Christian Andersen (La Petite Sirène) et inspiré de légendes nordiques, ‘Frozen’ se montre innovant dans sa manière d’esquisser ses héroïnes. Nonobstant qu’il soit ancré dans une fable traditionnelle, ce récit aux accents féministes se situe dans le sillage de ‘Raiponce’ en faisant preuve d’une grande modernité. Bien que ce dernier patine en milieu de parcours, il se montre toutefois astucieux par l’un ou l’autre rebondissement retors et inespéré. Non dénué d’humour, cette production est un agréable divertissement qui s'inscrit dans la veine «Classique» qui a fait et fait toujours la gloire des studios Walt Disney.


Note:
Critique: Professeur Grant

A noter: le studio diffuse en préambule un court-métrage inédit avec Mickey et ses potes, «Get a Horse!», à l'occasion des 85 ans de la petite souris aux grandes oreilles. Ce dessin animé étonnant, surprenant et amusant ne manque pas d’originalité et d’inventivité en mélangeant animation traditionnelle et 3D (***).




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