mardi 10 décembre 2013

The Purge

Avec une idée de départ abasourdissante, tout aussi jouissive qu’inquiétante, «The Purge», écrit et réalisé par James DeMonaco, déjà auteur à l'origine de l'excellentissime thriller «The Negociator» en 1998, était sans aucun doute l’un des scenarii les plus attendus et les plus terrifiants de 2013. 

Pitch: «Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions…» 

Pétrifiant! Misant sur un casting solide avec Ethan Hawke (Gattaca) et Lena Headey (Dredd), le film rebaptisé «American Nightmare» avait tout pour être un must dans le cinéma de genre à tendance huis clos. Si le métrage pose les bonnes questions politiques et morales, l'écrivain, un poil dans la main, ne pousse pas la réflexion au-delà de ses interrogations.

Se reposant sur son éclat de génie, le récit part très vite en lambeaux et l'histoire vire d’emblée au simple jeu du chat et la souris totalement inintéressant. Banal, sans intérêt. Alors que cette fiction aurait pu devenir une satire subtile, féroce, corrosive, violente et percutante de la société contemporaine, James DeMonaco n'en tire qu'une vulgaire série B aussi insignifiante que les caricatures à la fois fades et univoques que forment les protagonistes du film.

Au lieu de creuser le postulat de départ, en tout point excellent, répétons-le, le scénario ne va pas au bout de ses ambitions, bâcle systématiquement les enjeux sociétaux et philosophiques qui en découlent pourtant naturellement et, finalement, se délite. Le cinéphile devra donc faire le deuil de ses attentes au niveau du fond car la production n’élèvera jamais la qualité au-delà du film de seconde zone au récit cousu de fil blanc.

Le mieux qu’il puisse arriver à ce synopsis, ce n'est non pas une suite (pourtant d'ores et déjà prévue nonobstant la médiocre qualité de l'opus original), mais bien qu’il soit repris par un metteur en scène de la trempe d'un Roman Polanski. On aimerait également voir ce qu’un Paul Verhoeven, un John Carpenter ou encore un David Fincher pourraient en tirer. Mais ceux qui auraient sans nul doute le mieux servi un tel matériau de base gisent en ce moment six pieds sous terre: les maîtres Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick.

L’argument promettait un huis clos terrifiant et imparable, le résultat est pathétique et à peine regardable.

 

Professeur Grant

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