mercredi 29 mars 2017

Logan

Dans un futur proche, Logan, épuisé de fatigue, s'occupe d'un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s'épuiser lorsqu'une jeune mutante traquée par de sombres individus va rentrer dans sa vie. 



Sang pour sang violent
Voilà un film qui ne manque pas de tranchant ! Violent, sanguinolent, éprouvant… écœurant ? Après dix-sept années de présence cinématographique, Wolverine tire sa révérence accompagné d’un torrent d’hémoglobine. Vous êtes prévenus. C’est qu’à Hollywood, les studios ont (enfin !) compris qu’il existait bel et bien une demande pour des fictions super-héroïques interdites aux jeunes pupilles. Un public âgé qui souhaite vivre des aventures cathartiques à travers des personnages à la coolitude assumée. Le déclic ? Le triomphe intersidéral de « Deadpool » l’année dernière, superproduction aussi brutale que désopilante tournée « pour une poignée de dollars », soit 58 millions de de billets verts, histoire de limiter les risques financiers. Les consignes de la Twentieth Century Fox étaient donc claires : « no limit » pour ce qui sera la neuvième et dernière apparition du fauve bricolé d’adamantium.

Old Man Logan
En s’inspirant du comic « Old Man Logan », les scénaristes s’adressent aux adultes et proposent une atmosphère différente de celle généralement peinte dans la saga des mutants labellisée « tout public ». Plus crasseux, plus féroce, plus sanglant, plus sombre, « Logan » redéfinit le genre superhero movie en prenant par moments des allures de western crépusculaire post-apocalyptique façon « Mad Max ». L’histoire - toute simple et plutôt mince - est celle d’une chasse à l’homme sans issue, d’une cavalcade infernale où Wolverine, aux abois et pourchassé par une milice armée suspecte, doit protéger une fillette qui lui ressemble étrangement ainsi que son ami et mentor Charles Xavier, lequel, devenu sénile, perd la boule avec des conséquences dramatiques sur le reste du monde. Si l’amorce est captivante, le récit s’embourbe à mi-parcours dans de mauvaises idées, la pire étant l’arrivée du double de Wolverine. Facile et sans intérêt.

Devant la caméra : Hugh Jackman & Co
Devant la caméra, pas de surprise, l’ineffable Hugh Jackman ressort les griffes pour ce qui sera donc son ultime comeback. Fidèle à lui-même, c’est-à-dire irréprochable, l’Australien se complaît dans cette bestialité qu’il a longtemps attendue. Comme on le comprend : voir un serval atrabilaire et irascible combattre des ennemis sans effusion de sang, ça faisait quelque peu tache dans la franchise « X-Men ». Ici, ce dernier peut exprimer ses talents de boucher et assouvir sa soif de violence. A ses côtés, le reste de la distribution accorde ses violons : la jeune pousse Dafne Keen transmet des émotions nonobstant son rôle mutique, la performance de Patrick « Professeur X » Stewart est peut-être ce qu’il y a de meilleur dans le film tandis que Boyd Holbrook (déjà très bon dans la série événement de Netflix « Narcos ») parvient à donner de la consistance à un personnage caricatural.

Derrière l’objectif : James Mangold
Derrière l’objectif, James Mangold (Walk The Line), affranchi de ses inhibitions, se rachète une conduite après un mi-figue, mi-raisin « The Wolverine », suite en demi-teinte de l’irregardable « X-Men Origins : Wolverine ». Le metteur en scène assure le job sans démériter, bat en brèche tous les codes du genre et compose in fine une sorte d’antithèse du film de super-héros qui prend l’allure d’un road-trip quasi nihiliste aussi nerveux que radical, tant furieux que mélancolique. Cela émis, on reste persuadé que ce dernier n’est pas à sa place lorsqu’il commande des métrages d’action. Il gaspille son talent. Revoir le poussif « Knight and Day » avec le tandem Tom Cruise / Cameron Diaz pour s’en convaincre. Sa filmographie le prouve, l’Américain n’est jamais aussi bon que lorsqu’il tourne des films d’atmosphère : « Copland », « Identity », « Girl, Interrupted », « 3:10 to Yuma ». Convaincu ?

Note :
Critique : Professeur Grant

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