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jeudi 18 avril 2019

Duelles


Au début des années 1960, Alice et Céline vivent avec leurs familles dans la banlieue de Bruxelles. Elles sont les meilleures amies du monde jusqu’au jour où survient un événement tragique qui vient bouleverser leur univers quotidien.






Lynch rencontre Hitchcock

Près de dix ans après l’excellent « Illégal », Olivier Masset-Depasse signe son retour dans les salles obscures avec un long-métrage diamétralement différent. Avec son ambiance lynchienne et ses références hitchcockiennes, « Duelles » se situe à la frontière entre le drame psychologique et le thriller paranoïaque. Au début des années 60, Céline et Alice vivent avec leurs familles dans la périphérie bruxelloise. Elles sont les meilleures amies du monde dans ce tableau idyllique. Jusqu’au jour où survient un événement tragique qui vient bouleverser leur quotidien. L’une est consumée par son deuil, l’autre sombre dans une psychose.

Derrière la haine

Porté par un duo d’actrices formidables, « Duelles » vaut essentiellement pour le face-à-face entre Anne Coesens (déjà dans Illégal) et Veerle Baetens (The Broken Circle Breakdown). Mais pas seulement. Le Belge fait montre de tout son talent pour lécher sa mise en scène. Avec son esthétique soignée, le film devrait dérober pas mal de trophées techniques (costume, décor, photographie…) lors de la prochaine cérémonie des Magritte du Cinéma. Quant au scénario adapté du roman « Derrière la haine », il est bâti sur un solide suspense que n’aurait pas renié un certain Alfred. Ou quand une amitié fusionnelle se transforme en relation toxique.

Mal de mères

Si l’on reproche bien l’une ou l’autre maladresse (la gestion plutôt fébrile des rebondissements) et quelques soucis de crédibilité (certaines réactions invraisemblables des personnages face aux événements tragiques), on se passionne malgré tout pour l’enjeu principal : Alice est-elle réellement paranoïaque ou bien lucide quant à l’hypothétique démence de son amie ? Et le récit de poser cette question cruciale : jusqu’où peut-on aller par instinct maternel ? Passionnant mais non dénué de défauts, « Duelles » épate par son brio formel autant qu’il agace avec ses quelques errances scénaristiques.

Clair-Obscur

Mais ne boudons pas notre plaisir et saluons l’audace du metteur en scène qui exploite jusqu’au bout le potentiel de son scénar’ en ne succombant pas à la résolution mièvre, fléau qui entache bon nombre de métrages. Le cinéaste ne craint pas d’embrasser la noirceur voire l’effroi, ce qui crée un net contraste avec la plastique résolument colorée de l’environnement. Un contrepoint esthétique assumé, Olivier Masset-Depasse jouant d’ailleurs sur les oppositions pour installer durablement le sentiment de malaise chez le spectateur. Pas de happy end donc. A moins que si… Réponse en salles à partir du mercredi 24 avril prochain !

Note: 

Critique: Professeur Grant

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