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mardi 11 février 2020

Dark Waters


Robert Bilott est un avocat spécialisé dans la défense des industries chimiques. Interpellé par un paysan, voisin de sa grand-mère, il va découvrir que la campagne idyllique de son enfance est empoisonnée par une usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région. Afin de faire éclater la vérité sur la pollution mortelle due aux rejets toxiques de l’usine, il va risquer sa carrière, sa famille, et même sa propre vie...





Loin de nous l’envie de faire de cette critique de « Dark Waters » un panégyrique oiseux mais, dans l’absolu, ce film est une sacrée bombe dont l’onde de choc n’a pas fini de nous ébranler. Critique complète :

I. L’Incroyable Hulk dans la Capitale de l’Europe

Mais… Mais, qui voilà ? The Incredible Hulk, en personne, ici, à Bruxelles ! Ou plutôt Mark Ruffalo, himself, au Parlement européen. Pourquoi ? Pour sensibiliser nos chers politiques issus des quatre coins du Vieux Continent à la lutte contre les produits chimiques. Une cause qui lui tient particulièrement à cœur en tant qu’activiste écologique. Un combat qui se reflète dans son dernier film, « Dark Waters », dans lequel il incarne Robert Bilott, l’avocat qui a mené une longue bataille judiciaire contre le géant américain de la chimie DuPont.

II. Souvenances d’Erin Brockovich

Interpellé par un paysan, voisin de sa grand-mère, cet homme de justice va découvrir que la campagne idyllique de son enfance est empoisonnée depuis plusieurs années par les déchets d’une usine appartenant au puissant groupe chimique susmentionné, par ailleurs premier employeur de la région. Afin de faire éclater la vérité sur la pollution mortelle due à ces rejets toxiques, celui-ci va risquer sa carrière, sa famille, et même sa propre vie. Une affaire qui n’est pas sans rappeler le film « Erin Brockovich » de Steven Soderbergh.

III. Effarant !

Tour à tour édifiant, effarant, interpellant et même révoltant, le nouveau long-métrage réalisé par Todd Haynes est un séisme dont l’onde de choc n’a pas fini de nous ébranler. Et, étonnamment, là où la pellicule du cinéaste californien est volontiers élégante voire maniérée (l’épure classique des très beaux mélodrames que sont « Carol » avec Cate Blanchett ou la mini-série HBO « Mildred Pierce » avec Kate Winslet), sa mise en scène se met volontairement en retrait pour ne pas diluer la puissance du sujet.

IV. David contre Goliath

Si l’Américain met son investissement artistique en retenue, c’est parce qu’il tient entre ses mains un scénario implacable digne d’une investigation, aussi juste dans ses intentions que précis dans sa gestion des révélations. Et ce dernier ne veut pas trahir cette histoire vraie. Par ailleurs, ce récit classique de David contre Goliath ne cache pas son ambition d’être une diatribe du système libéral capitaliste. Il montre le cynisme insoutenable de multinationales prêtes à la pire des ignominies pour augmenter son rendement, au point de n’avoir cure de la santé des citoyens.

V. Un casting pico bello

Tout cela ne serait rien sans la performance de Mark Ruffalo, injustement ignoré des cérémonies de récompenses cinématographiques. Profondément habité par son personnage, le comédien fait montre de tout son talent pour incarner ce héros de l’ombre courageux, dont l’obstination dans la quête de la vérité va ébranler toute une communauté. Le reste du casting est au diapason : les « gueules » Bill Pullman, Victor Garber et Bill Camp ainsi que l’excellente Anne Hathaway ou encore le trop rare Tim Robbins viennent renforcer une distribution impeccable.

VI. Une œuvre aboutie

Excellent dans le drame social tout comme dans le thriller judiciaire, « Dark Waters » est une œuvre aboutie, saisissante et captivante qui s’inscrit brillamment dans le sillage des films marquants du cinéma américain de dénonciation dans lequel on retrouve le mémorable « All The President’s Men » d’Alan J. Pakula, l’indispensable « Spotlight » signé Tom McCarthy ou encore le spielbergien « The Post ». Gageons que vous ne regarderez plus votre poêle en téflon de la même manière…

Note : 

Critique : Professeur Grant

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