The Gentlemen


Quand Mickey Pearson, baron de la drogue à Londres, laisse entendre qu’il pourrait se retirer du marché, il déclenche une guerre explosive : la capitale anglaise devient le théâtre de tous les chantages, complots, trahisons, corruptions et enlèvements… Dans cette jungle où l’on ne distingue plus ses alliés de ses ennemis, il n’y a de la place que pour un seul roi !





Bad Guy

Vous avez tripé sur « Lock, Stock and Two Smoking Barrels » ? Vous avez pris une droite avec « Snatch » ? Et une balle avec « Revolver » ? Vous ne vous êtes toujours pas remis de l’atmosphère « RocknRolla » ? Alors, vous allez kiffer ces « Gentlemen », la nouvelle dinguerie paraphée Guy Ritchie. De retour aux affaires après s’être quelque peu perdu dans le mainstream stérile, avec un blockbuster maous costaud par-ci (le flop retentissant de King Arthur), et un film de commande on ne peut plus impersonnel par-là (le remake live action d’Aladdin de Disney), l’Anglais retrouve son panache d’antan en retournant à ses premières amours, soit le gangster movie choral émaillé de personnages truculents à l’accent cockney. Et ce, pour notre plus grand plaisir. Action !

Arnaques, crimes et botanique

Au menu du jour: arnaques, crimes et botanique. Ça vous va ? Soit le cocktail parfait pour cuisiner un métrage bien allumé. Bref, l’aficionado du style ritchien se trouve plus en terrain connu qu’en terre inconnue. Quand Mickey Pearson (Matthew McConaughey, comme un poisson dans l’eau), baron en tweed de la weed des bas-fonds londoniens, laisse entendre qu’il pourrait se retirer du business, ce dernier dégoupille une grenade dont la déflagration implique des chinois par-ci, des juifs par-là, ainsi que des petites frappes en jogging. Et le Melting Pot Anglais de devenir le théâtre de tous les chantages, complots, trahisons, corruptions et enlèvements. Dans cette jungle bouillonnante où l’on ne distingue plus ses alliés de ses ennemis, il n’y a de la place que pour un seul roi.

Let’s play !
        
Galerie de personnages tous plus azimutés les uns que les autres, intrigues tortueuses, sursauts de violence, dialogues mitraillette ciselés, éclats de mise en scène, le réalisateur britannique se défoule comme un enfant qui se réjouit de retrouver son coffre à jouets trop longtemps confisqué. Une joie communicative tant le spectateur s’amuse devant cette histoire rocambolesque ou des gueules pittoresques s’entre-tuent à qui mieux mieux pour une forêt de marie-jeanne souterraine planquée chez les aristos. Véridique ! Une idée de génie. Tout comme celle de confier des rôles à contre-emploi à ses acteurs : Colin Farrell en grand frère bienveillant de la téci, Charlie Hunnam en bras droit taciturne, Henry Golding en margoulin ou encore Hugh Grant en plumitif véreux. Il fallait oser !

« When the lion's hungry, he eats! »

Ce retour aux sources, aux origines mêmes de son art, le cinéaste le fait avec une faim de lion, un tempérament bien trempé et une envie boulimique de cinéma. Il retrouve la fougue de ses débuts, toujours avec cette mise en scène ludique, à mi-chemin entre une caméra tarantinienne et une pellicule scorsesienne. Et que dire de cette énergie créatrice qui déborde sur tout le processus de fabrication du film. On en veut pour preuve son récit, en apparence chaotique mais finalement rondement mené, à coup de révélations tordues, de rebondissements savamment dosés, sans oublier cette idée de mise en abîme (délicieux Hugh Grant en narrateur pitchant le scénario d’une histoire qui se déroule devant nos mirettes). Bref, pour paraphraser le protagoniste, « quand le lion a faim, il mange ». Et Ritchie de laisser exprimer sa voracité à l’écran. Long Live The Lion King !
Note : 

Critique : Professeur Grant

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