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lundi 7 juin 2021

Nomadland

 

Après l’effondrement économique de la cité ouvrière du Nevada où elle vivait, Fern décide de prendre la route à bord de son van aménagé et d’adopter une vie de nomade des temps modernes, en rupture avec les standards de la société actuelle. De vrais nomades incarnent les camarades et mentors de Fern et l’accompagnent dans sa découverte des vastes étendues de l’Ouest américain.

 

La vie en van. La vie nomade.

Après le très remarqué « The Rider » et le plus discret « Songs My Brothers Taught Me », Chloé Zhao revient sur le devant de la scène indé américaine. À mi-chemin entre le documentaire et la fiction, « Nomadland » est un drame méditatif sur l’effondrement du rêve américain.

Adaptation du roman de Jessica Bruder, « Nomadland » est à la fois un portrait de groupe mais aussi une peinture de l’époque contemporaine. Parmi les sujets, le nomade anticapitaliste et promoteur de la vie "on the road" Bob Wells joue ici son propre rôle. Que dire de la sublime Frances McDormand qui tient ici un de ses meilleurs rôles (n'oublions pas l'inspectrice de Police Marge Gunderson dans "Fargo") ? David Strathairn ("Good Night, and Good Luck.") nous donne quant à lui envie de nous replonger dans sa filmo tant son jeu est poignant. La photographie de Joshua James Richards – un fidèle au cinéma de Chloé Zhao - s’inspire des plans western comme pour donner plus d’ampleur à ce récit teinté par la crise des subprimes.

Sans maison mais pas à la rue

La caméra de la réalisatrice n’a pas sa pareille pour capturer la sérénité apparente de ces gens de la route malgré le fardeau de leur situation précaire. Sous l’œil bienveillant de la réalisatrice, la vie sur la route n’a jamais été aussi touchante. Rappelons au passage que la grande majorité du casting ne fait pas partie de la sphère du cinéma. Tout ce beau monde fait montre d’une résilience à toute épreuve. Il faut dire que ces dernier-e-s sont constamment à la recherche de petits boulots et ne peuvent se permettre de prendre leur pension. La réalisatrice évite la facilité en soulevant une question délicate. Bien que cette vie sur la route offre bon nombre d'avantages, que se passe-t-il si le van (ou plutôt... le corps) montre des signes de fatigue ?

Nomadland or no mad land ?

Capturé avec beaucoup de style et d’intelligence, “Nomadland” ne laissera personne indifférent-e. Tiendrait-on déjà là LE film de la réouverture des salles ?


Note :

Critique : Goupil

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