Bilan 2025 - Le top 5 du Professeur Grant
Au gui l’an neuf !
2025 terminé, 2026 débuté, janvier bien entamé. C’est bon, tous les voyants sont au
vert pour sacrifier à la tradition du bilan de l’année. Comme à l’accoutumée,
le Professeur Grant vous concocte sa petite rétrospective des films qu’il ne
fallait pas louper ces douze derniers mois. Une petite liste best of the best pour vos soirées
cinéma. Showtime !
1. One Battle After Another
Attention, chef-d’œuvre !
Avec One Battle After Another, Paul
Thomas Anderson signe l’un de ses films les plus aboutis, à la hauteur de There Will Be Blood et Phantom Thread. Rarement un cinéaste
aura atteint un tel équilibre entre rigueur formelle, puissance narrative et
profondeur politique. Le scénario impressionne par sa densité : chaque
rebondissement, chaque ellipse trouve sa place dans une structure d’une grande
cohérence. Dans cette radiographie sociétale, portrait au vitriol de
l’administration Trump, PTA y déploie une réflexion aiguë sur l’Amérique
contemporaine, ses fractures, ses illusions et ses impasses morales.
2. The
Brutalist
Hors norme, hors
catégorie, mais jamais hors sujet, The Brutalist déroule son récit dense et
riche en thématiques (la désillusion du rêve américain, l’art comme exutoire de
la souffrance, l’exploitation des migrants, le poids du passé et la quête
d’identité) avec une pertinence dans le fond, une fluidité à l’image et une
rigueur dans la narration qui démontrent toute la virtuosité de Brady Corbet, un
jeune cinéaste qui a parfaitement synthétisé ses influences, naviguant
habilement entre les inspirations du cinéma européen et les codes
hollywoodiens.
3. Ainda Estou Aqui
Ainda
Estou Aqui s’impose comme une fresque à la fois historique et
intime, d’une puissance émotionnelle rare. Walter Salles (Central do Brasil, Diários
de Motocicleta) y cisèle un thriller politique impressionnant sur les années
sombres de la dictature militaire brésilienne, rappelant combien le travail de
mémoire demeure vital. Porté par une efficacité narrative implacable et une
mise en scène d’un classicisme souverain, le film trouve son cœur battant dans
l’interprétation magistrale de Fernanda Torres, magnifique portrait de femme,
digne, résistante, bouleversante. Un mélodrame délicat, élégant et profondément
nécessaire.
4. The Life of Chuck
The
Life of Chuck a déboulé en 2025 comme un ovni narratif,
génialement original, qui prend le risque rare de l’émotion nue. Sous une mise
en scène d’une maîtrise chirurgicale, le conte mystérieux de Mike Flanagan,
basé sur une nouvelle de Stephen King, creuse une profondeur affective qui
désarme, sans jamais forcer l’effet. On aimerait en dire davantage, mais mieux
vaut éviter de trop s’épancher afin de vous garantir l’effet de surprise. Une
petite merveille sortie de nulle part à voir absolument vierge de tout savoir
pour en profiter pleinement. Vous pouvez nous faire confiance, vous ne serez
pas déçus !
5. Weapons
Avec Weapons, le réalisateur Zach Cregger, en artisan du chaos maîtrisé,
livre une œuvre audacieuse, irrévérencieuse, parfois maladroite, mais follement
vivante. Mâtinée d’une noirceur toute personnelle et d’une ironie acide, le
film adopte une structure chorale en chapitres. Le thriller initial, tendu,
emprunte des chemins de traverse vers la comédie burlesque, tout en se voyant
contaminé par l’horreur la plus poisseuse. Et ce mélange des genres, loin
d’être une coquetterie d’auteur, s’impose comme l’ADN même d’un métrage qui
refuse le formatage, qui dérange et qui fait rire quand il ne glace pas le
sang.






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