Hamnet
Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur drame que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel.
Avec ‘Hamnet’, Chloé Zhao transporte son public dans l'Angleterre Élisabéthaine en abordant le thème du deuil avec un sens naturel de la dramaturgie.
La performance de Jessie Buckley, qui se glisse dans son personnage comme vous et moi nous glissons sous notre couette, est bouleversante et confirme que sa récompense aux Golden Globes le mois dernier est amplement méritée. Paul Mescal fait preuve d'une grande subtilité dans un rôle tiraillé entre une sensibilité certaine et les obligations de l'époque qui incombent au pater familias. N’oublions pas de souligner le travail des enfants qui excellent chacun-e à leur manière. Puisque les films centrés sur Shakespeare himself étaient déjà pléthore, la réalisatrice se focalise davantage sur le personnage féminin et non sur celui que l’on considère comme le père de la langue anglaise moderne.
En s’inspirant du mouvement artistique préraphaélite, la photographie est éblouissante et rappelle les peintures des grands maîtres anglais tels que John Everett Millais ou encore William Holman Hunt. On doit ce travail à Lukasz Zal, déjà connu pour les très remarqués ‘Ida’ ou, plus récemment encore, ‘The Zone of Interest’.
La prouesse de ‘Hamnet’ est de parvenir à émouvoir tous les publics. Les introvertis, extravertis, ou même les ambivertis ! Certes, il plaira peut-être plus aux parents qu’aux ados, mais il nous rappelle le pouvoir des histoires et la vertu cathartique de l’art.
Après deux actes impeccables, Chloé Zhao enfonce le clou avec un troisième acte tiré au cordeau se terminant par une scène poignante.
Ce n’est pas la première fois qu’un film traitant de la mort résonne à ce point avec la vie, mais ce dernier nous pousse à exprimer des émotions enterrées au fond de nous par la pudeur et / ou souvent réprimées par la société.
À mille lieues d’un mélodrame ou d’un pure produit de marketing, ‘Hamnet’ vous touche au plus profond de votre âme, pour autant que vous n’ayez pas un cœur de pierre.
Note : ★★★★★
Critique : Goupil

Commentaires
Enregistrer un commentaire