Wuthering Heights
Relecture audacieuse et originale de l'une des plus grandes histoires d'amour de tous les temps, ‘Wuthering Heights’ d'Emerald Fennell est interprété par Margot Robbie dans le rôle de Cathy et Jacob Elordi dans celui de Heathcliff. La relation passionnelle entre ces deux êtres qui n'ont pas le droit de s'aimer devient bientôt enivrante dans cette histoire qui mêle sensualité, désir et folie.
Après ‘Hamnet’, voici débouler une nouvelle adaptation sur grand écran d’un classique de la littérature anglaise. Les Hauts de Hurlevent (en VF) n’en est pas à sa première transposition au cinéma, puisque cette version – sobrement intitulée ‘Hurlevent’ – est la onzième. La dernière remontait à 2015 et la plus ancienne, à plus de cent ans (1920, dans sa version muette). En juillet, il faudra aussi compter sur ‘The Odyssey’ de Christopher Nolan ou encore ‘Sense and Sensibility’ de Georgia Oakley. Les féru-e-s de littérature sont aux anges.
Dès les premiers plans, l’esthétique somptueuse – quoique parfois extravagante – d’Emerald Fennell (‘Promising Young Woman’) saute aux yeux. C’est peut-être la plus grande réussite de ce film qui prend beaucoup de libertés par rapport au matériel d’origine. En effet, là où le roman dépeint une nature sauvage et dangereuse, la réalisatrice oublie quelque peu de représenter une Dame Nature indomptable à l’écran. Hormis les pluies incessantes et le vent fort, cette campagne ne semble pas assez rude que pour pousser ses habitants vers la folie.
Une fois de plus, cette nouvelle version ne s’encombre pas trop des détails et des différentes générations et se focalise exclusivement sur Heathcliff et sa demi-sœur Catherine. La cinéaste a choisi un acteur blanc né en Australie pour incarner ce personnage qui est décrit par Brontë comme ayant « la peau sombre ». En omettant ce détail, c’est tout un pan du roman qui tombe à l’eau. Comment deviner que la marginalisation d'Heathcliff dans cette société victorienne n’est pas seulement due à sa pauvreté mais aussi à sa couleur de peau ? Andrea Arnold (‘American Honey’) ne fit pas cette même erreur et signa une adaptation bien plus fidèle en 2011.
Curieusement, la vertu semble à nouveau se ranger du côté des nobles tandis que les pauvres sont dépeints comme des arrivistes prêts à tout pour assouvir leur soif de vengeance. On retrouvait déjà ce motif dans ‘Saltburn’ et on espère que la réalisatrice ne récidivera plus !
Relecture extravagante de ce grand classique de la littérature du XIXème siècle, ‘Wuthering Heights’ n’est rien d’autre qu’une porte d’entrée pour la gen Z dans l’univers d’Emily Brontë. Loin d’être un navet, ce long-métrage n’est ni le film auquel on s’attendait, ni le ‘Wuthering Heights’ qu’on connaît. Reste un terrain de jeu fantastique pour Margot Robbie et Jacob Elordi (‘Saltburn’) pour s’amuser et montrer – si besoin était – à quel point ils sont talentueux.
Note : ★★
Critique :
Goupil

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