Project Hail Mary
Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord. Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l’enjeu de sa mission : résoudre ce qui pourrait bien être la dernière énigme de l’Humanité.
Phil Lord et Chris Miller, le duo derrière le reboot de ‘21 Jump Street’ ou encore les deux scénaristes derrière ‘Spider-Man Across the Spider-Verse’ se voient confier un projet encore plus démesuré.
Il ne faut pas attendre longtemps avant de s’en rendre compte : ce popcorn movie est majestueux, spectaculaire, créatif, et carrément larger than life. C’est aussi un mix improbable entre ‘Interstellar’, ‘E.T.’ et ‘The Martian’. Aidée par des effets spéciaux de premier ordre, l’immersion fonctionne à merveille, et ce, du début à la fin.
Cette histoire de résilience humaine vous touchera droit au cœur, vous fera rire aux larmes, et vous procurera un sentiment d’émerveillement comme peu de films y parviennent encore. Lord & Miller ne s’arrêtent pas là puisqu'ils prennent soin de rendre la science accessible et cool à une jeune génération qui se cherche encore, de quoi créer des vocations.
Si le pari de mélanger science-fiction et buddy movie n’est pas nouveau, les réalisateurs se démarquent en se focalisant davantage sur l’aspect SF. L’humour, pas omniprésent, atténue quelque peu les éléments « pré-apocalyptiques » du récit. En termes de physique, tout n’est pas parfait (la sortie dans l’espace en tête) mais la plupart des éléments mis en scène semblent tout à fait crédibles. Quant aux valeurs de ce récit ingénieux, elles forcent le respect.
Aventure épique riche en camaraderie, ‘Project Hail Mary’ est le genre de films qu’on ne voit débouler qu’une fois tous les cinq ans, voire une fois par décennie. Tout est à saluer : le travail sur les maquettes et autres accessoires, l’absence d’écran bleu pendant le tournage, le travail de photographie et de lumière renforçant l’immersion (merci à Greig Fraser), le jeu de Ryan Gosling – encore une fois au top, bref, tout nous pousse à dire que chaque molécule de cette histoire a été manipulée avec le plus grand soin.
Note :★★★★
Critique :
Goupil
Autre critique, autre point de vue – « Project Hail Mary »
vu par le Professeur Grant :
Une pincée de The Martian. Un soupçon d’Arrival. Une touche de Sunshine. Un zeste de Wall-E, voire d’E.T - The Extra-Terrestrial. Et pourquoi pas une pointe d’Interstellar, tiens, tant qu’on y est.
Des références prestigieuses qui accompagnent la sortie en salle de Project Hail Mary, le nouveau délire
bricolé par l’inséparable tandem derrière la trilogie animée du Spider-Verse (Into, Across et Beyond, qui clôturera la saga en 2027),
à savoir Phil Lord et Christopher Miller. Deux noms qui (r)assurent, qui
enjoignent même à se rendre au cinéma, tant la qualité est souvent au
rendez-vous. Dont acte. Alors, que vaut ce fameux projet de la dernière chance ?
En substance, Project Hail Mary assume pleinement son
ADN de grand spectacle hollywoodien, mais sans jamais donner l’impression de
cocher des cases. Le postulat, lui, sent le déjà-vu : un scientifique
amnésique, seul à bord d’un vaisseau, chargé de résoudre une crise cosmique majeure.
Sur le papier, rien qui ne déborde vraiment de l’étagère de la science-fiction
récente. Pourtant, la superproduction déjoue rapidement cette impression de
familiarité.
Là où beaucoup se contenteraient
d’aligner les péripéties, le film prend le temps d’installer une vraie
dynamique de récit, faite d’allers-retours, de découvertes progressives et d’un
sens du tempo particulièrement affûté. Porté par un Ryan Gosling tout en
retenue, oscillant entre sidération et ironie, il trouve surtout sa singularité
dans sa manière de rendre ludique ce qui pourrait n’être qu’un enchaînement
d’explications scientifiques. Et c’est précisément là que le duo de
réalisateurs, conteurs hors pair, fait la différence : transformer une
mécanique balisée en véritable expérience de narration.
Épopée spatiale à la fois ludique
et épique, drôle et émouvante, concrète et métaphysique, Project Hail Mary réussit tout ce qu’il entreprend : mission
scientifique, odyssée aventureuse, voyage intimiste. Même la bromance improbable qui se tisse durant
la seconde partie du récit passionne et séduit, nonobstant le kitsch, assumé,
de la rencontre du troisième type. Visuellement généreux, ponctué de
trouvailles comiques efficaces et de véritables élans d’émotion, le métrage
n’évite pas tous les excès — cela reste un blockbuster oversize — (certaines séquences en font trop, certains effets
appuient un peu lourdement), mais il compense par une énergie constante et
communicative.
Bref, tout n’est pas
parfait, mais rien n’est préjudiciable. Alors, pourquoi s’en priver ?
Note : ★★★
Critique : Professeur Grant

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