De La Comédie-Française
Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d’égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas. Commence alors une course contre la montre pour sauver la représentation.
De La Comédie-Française : lever de rideau !
C’est notre petit rituel durant
la saison estivale. Chaque année, quand le tout-regardant, fuyant le cagnard,
se réfugie dans les salles obscures pour se gaver de pop-corn devant la dernière
superproduction hollywoodienne pétaradante, nous choisissons la contre-programmation
tout droit venue de la fraîcheur hivernale du Festival de l’Alpe d’Huez. Après
le sympathique Avignon en 2025, voilà
que débarque De La Comédie-Française,
petite plongée (1h15 tout mouillé) dans les coulisses de l’illustre institution
théâtrale de la Ville Lumière. Collé aux baskets de Nina, jeune artiste qui signe
sa première mise en scène, le spectateur se retrouve au cœur des tumultes des
dernières répétitions. Sauf qu’à trois heures du lever de rideau de la
première, tout part en vrille : retards, montées de stress, soucis techniques
et guerres d’égo secouent la troupe de Macbeth.
Débute alors une course contre la montre pour sauver la pièce. Car dans la
Maison de Molière, on n’annule jamais une représentation !
Comédie catastrophe
Diablement efficace, cette farce espiègle
et burlesque repose sur un ressort comico-dramatique redoutable : le
compte à rebours sous haute tension. Chaque problème réglé entraîne d’autres
péripéties plus folles les unes que les autres. Cette lutte constante contre le
temps insuffle un rythme trépidant et un suspense comique permanent. Il faut
voir les comédiens s’écharper sur des peccadilles ; un véritable délice !
Soulignons à ce propos l’autodérision savoureuse injectée dans un récit qui s’amuse
en permanence des clichés du milieu et des caricatures qui forment le
microcosme de la scène, des petites mains aux représentants officiels en
passant par les interprètes. La diva, la ministre, le technicien, l’agent de
sécurité, chacun en prend pour son grade. Et voir ce temple prestigieux du
théâtre sombrer dans le chaos total démystifie l’institution et rend les
personnages terriblement humains et attachants.
Vis comica
Situations rocambolesques, gags
absurdes et dialogues mordants parsèment ce beau bordel savamment orchestré par
le tandem de réalisateurs Martin Darondeau–Bertrand Usclat, lui-même bien aidé
par une distribution en état de grâce. Des acteurs au diapason, dont le timing
comique relève de cette fameuse vis
comica. Le long-métrage tire justement toute sa force du jeu millimétré d’un
casting virtuose. Des protagonistes aux seconds rôles, chaque personnage a son
moment de gloire et sa réplique culte. On vous met au défi de ne pas rire aux
éclats devant les pitreries de Pauline Clément, Laurent Stocker, Guillaume
Gallienne, Benjamin Lavernhe, Marina Hands ou encore de notre Christian Hecq
national, comparses complices d’un délire survolté. Enlevé, ludique, désopilant,
généreux, intelligent aussi, De La Comédie-Française
emporte tout sur son passage dans un élan vaudevillesque irrésistible qu’on n’est
pas près d’oublier.
Ne cherchez plus, vous avez la
comédie de l’été. Coup de cœur !
Note : ★★★★
Critique : Professeur Grant

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