Spider-Man: Brand New Day


 

C’est un tout nouveau jour pour Peter Parker Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais le sentiment d’avoir été oublié par ses amis qui avancent désormais sans lui provoque un changement chez Peter qu’il n’est peut-être pas en mesure de contrôler. Et pourtant, c’est cette mutation qui pourrait être sa seule chance de s’opposer à un adversaire terrifiant, capable d’agir sans jamais être repéré et prêt à s’attaquer à la ville et à tous les proches de Spider-Man. Car si le monde ne se souvient plus de Peter Parker, lui ne l’a pas oublié…



Si la superhero fatigue se ressent depuis quelques années déjà – Supergirl en a fait les frais au début de l’été –, Spider-Man, lui, n’en finit pas de rassembler les foules, comme en témoignent les nouveaux records de fréquentation enregistrés ces derniers jours au box-office. Cinq ans après No Way Home, l’homme-araignée revient donc tisser une nouvelle toile dans les salles obscures à grand renfort de moyens financiers pour saturer l’espace médiatique et, au passage, inonder les rayons des magasins de merchandising opportuniste. Même si les olibrius en lycra ne vous branchent pas, impossible de passer à côté de ce Brand New Day. Tout est mis en œuvre par le studio Disney pour annoncer l’arrivée imminente du fameux tisseur. Une pompe à fric particulièrement lucrative au regard des premiers chiffres publiés dans la presse : pas moins de 930 millions de dollars engrangés aux quatre coins de la planète lors de son premier week-end d’exploitation. Le tiroir-caisse retentit, et Mickey sourit.

Un autre qui a la banane, c’est Destin Daniel Cretton. Exit le yes man Jon Watts, c’est désormais l’Hawaïen qui reprend le fauteuil dévolu au réalisateur. Si la fanbase de la Maison des Idées le connaît surtout pour avoir signé, en 2021, le tout juste fréquentable Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings, nous, on préfère citer son merveilleux Short Term 12, petite plongée intimiste au cœur d’un foyer pour adolescents en difficulté. Un metteur en scène capable de s’illustrer sur le terrain de l’action et d’assurer la gestion émotionnelle du récit quand le scénario le permet. Et justement, l’intrigue de ce quatrième opus, entre noirceur et légèreté, réussit le parfait mélange entre les séquences spectaculaires et les moments d’introspection. Malgré sa débauche d’effets spéciaux, le film ne perd jamais de vue ses personnages ni ses enjeux. Un juste équilibre suffisamment rare dans le genre superhéroïque pour être souligné.

Et comme le bon vin, Tom Holland se bonifie avec le temps. Le Britannique livre ici sa prestation la plus aboutie dans le costume rouge. Isolant son personnage du reste du MCU, le métrage prend le temps d’explorer la solitude et la détresse psychologique d’un héros en proie à la dépression. L’évolution physique et mentale du protagoniste face au chaos qui l’entoure offre une réelle profondeur dramatique au récit. Quant aux nouveaux personnages, plus sombres, incarnés par Jon Bernthal (le Punisher croisé sur la petite lucarne) et Sadie Sink (motus et bouche cousue !), ils apportent un vent de fraîcheur à un casting déjà solide – on croise notamment Zendaya, Mark Ruffalo ou encore Florence Pugh. Côté spectacle, Cretton fait montre de toute sa virtuosité pour rendre les scènes d’action lisibles. Il est sans aucun doute le réalisateur qui a le mieux exploité l’araignée depuis le départ du génie de la mise en scène Sam Raimi (revoyez Spider-Man 2 !).

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Nonobstant un début prometteur, la trame narrative déroule un schéma classique qui manque parfois de surprises. Le deuxième acte accuse quelques longueurs au détriment du développement de l’antagoniste principale. Le scénario aurait gagné en fluidité en se délestant de certaines sous-intrigues inégales ; cherchant à tout prix à reconnecter Spider-Man au reste du MCU, le retour de deux personnages secondaires paraît artificiel et casse le rythme du récit. Mais ne boudons pas notre plaisir. Brand New Day offre in fine un divertissement estival qui se hisse dans le haut du panier des superproductions estampillées Marvel. Un compromis réussi entre nostalgie et renouveau, malgré une écriture un peu trop sage.

Note : 
Critique : Professeur Grant

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