mercredi 11 octobre 2017

The Only Living Boy in New York

Thomas, fraîchement diplômé, est étouffé par la vie confortable de ses parents. Tout change lorsqu'il découvre que son père a une aventure avec une jeune femme à la beauté éblouissante. Thomas veut protéger sa mère fragile, mais il est de plus en plus obsédé par l'aventure de son père et par sa jolie maîtresse en particulier.  

 


Tel un écrivain émérite qui balade ses lecteurs d’une page à l’autre, Marc Webb fait marcher ses spectateurs d’un plan à l’autre avec une virtuosité certaine.

Dans “The Only Living Boy in New York”, la caméra berne autant qu’elle subjugue. Le cinéaste a de toute évidence peaufiné une enveloppe fort alléchante. Certains plans rappellent les couvertures d’albums de Bob Dylan quand d’autres font penser à la photographie de Richard Avedon ou encore à celle de Berenice Abbott. Certain-e-s s'attarderont à compter les points communs du film avec “The Graduate” mais passeront immanquablement à côté de l’âme du nouveau long de Marb Webb.

Le scénario, dont nous garderons jalousement les tenants et aboutissants, fait des merveilles. Nous sommes happé dans une histoire de prime abord banale qui cache bien son jeu in fine. Pour son cinquième long-métrage (après le désormais cultissime “(500) Days of Summer”) le réalisateur américain flirte à nouveau avec le succès. Il dirige d’une main de maître un casting chevronné.

Jeff Bridges, Kate Beckinsale et Pierce Brosnan sont poussés jusqu’à leurs derniers retranchements scéniques. La palme revient à un Jeff Bridges - arborant ici une coupe à la David Lynch - faisant preuve d’un talent difficilement égalable. Callum Turner (“Green Room”) convainc dans le (premier) rôle du vingtenaire qui se cherche. Kiersey Clemons est lumineuse et se glisse dans un personnage diamétralement opposé à celui qu’elle incarnait dans le merveilleux “Dope”.

Annoncé depuis 2012, “TOLBINY” a souffert d’un développement calamiteux : acteur-trice-s acceptant les rôles avant de se retirer du projet ; script réécrit à moult reprises ; tous les éléments étaient réunis pour que le film n’éclaire jamais nos salles obscures.

La force de ce “roman animé” est de cacher dans ses entrailles une hypertextualité si riche qu’une deuxième vision en devient presque nécessaire. La scène sous la pluie faisant écho au générique d’ouverture est tout bonnement sublime ! La fin est quant à elle magique. Certaines scènes - comme la scène du métro avec son jeu de mise au point - attestent d’un réel know-how. Seul bémol pour Monsieur Webb : à quand une femme dans le rôle principal d’un de ses films ?  

Tel un livre qui ne nous quitte plus après lecture, “The Only Living Boy in New York” ne s’oubliera pas de sitôt ! De la même manière, la musique éponyme de Simon & Garfunkel continue de résonner dans nos têtes au sortir de la salle.

Note :
Critique : Goupil
Relecture : Choupette

Date de sortie en Belgique : 11 octobre 2017 

2 commentaires:

  1. Le bémol d'un manque de "femme" coute-t-il deux étoiles au film?! Vous l'encensez pour ne lui accorder qu'un trois sur cinq, le qualifiant de "bon film". N'est-ce pas un peu trop sévère pour un "film que vous n'oublierez pas de sitôt"? Moi je lui en accorde largement 4...

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  2. J'avoue avoir longtemps hésité. Selon moi, sans le bémol, le film valait les quatre étoiles. Marc Webb n'a cependant encore jamais réalisé de film avec une femme dans le premier rôle. Certes, il y a le cas "Gifted", mais il s'agit d'une enfant. Les femmes semblent ici ne pas servir d'autre but que de raconter l'histoire de ces hommes. Nous sommes en 2017 tout de même.. Puisqu'il n'est pas dans l'habitude de notre équipe d'attribuer 0,5 étoile, je maintiens les trois. Après, que sont trois caractères à côté du ressenti dont je vous fais part dans ma critique ? Merci pour votre réaction.

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