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lundi 20 août 2018

Under the Silver Lake

C'est par une belle et chaude soirée à Los Angeles que le jeune Sam (Andrew Garfield) fait la connaissance de sa charmante voisine Sarah (Riley Keough). Le lendemain matin, alors que celle-ci semble s'être mystérieusement volatilisée, Sam se lance à sa recherche dans une quête surréaliste. Petit à petit, il démasque un sinistre complot qui semble concerner toute la ville. 



Dans « The Big Lebowski », Jeff Bridges vivait une existence insipide dont le principal point d’orgue consistait en une sortie bowling. Véritable bon à rien, il passait le plus clair de son temps à faire les courses en peignoir, à fumer des pétards ou encore à s’enfiler des White Russians. Après la dégradation de son tapis, « El Duderino » se sentait investi d’une mission. Le reste est de l’histoire connue. Dans « Under the Silver Lake », Sam (Andrew Garfield) semble mener une vie fort similaire. Bien que le Dude et Sam soient issus de cerveaux différents, ils vivent dans le même monde. Lebowski ne l’aurait certainement pas renié.

« USL » est un projet plus ambitieux encore que celui des frères Coen. Passé son intrigue complètement WTF-esque, le film est plus qu’un trip psychédélique. Il fait écho à la quête de sens dans le monde apathique et rempli de distractions que nous connaissons.

Côté réalisation, David Robert Mitchell (« It Follows », « The Myth of the American Sleepover ») s’amuse avec des plans novateurs (les changement d’axes) et envoûtants (les rêves et autres visions). Le réalisateur rend hommage à ses contemporains (il y a un côté Paul Thomas Anderson dans sa période « Inherent Vice » et un autre plutôt lynchien - difficile de ne pas penser à « Mulholland Drive ») et à ses prédécesseurs. La scène de la piscine de « Something’s Got to Give » avec Marilyn Monroe est ici entièrement empruntée/copiée.

Si « Under the Silver Lake » aurait certainement gagné à développer davantage ses seconds rôles (qu’adviennent les personnages joués par Topher Grace et Jimmi Simpson ? ), les premiers couteaux brillent. Riley Keough et Andrew Garfield montrent ici toute l’étendue de leur talent.

De prime abord sans queue ni tête, l’intrigue de ce film néo noir - parsemée de codes et d’énigmes - se veut au contraire bien ficelée. Toutes les pièces maîtresses du puzzle tombent à la fin pour nous permettre de comprendre ce casse-tête. On regrettera quelques détours inutiles (notamment la trame peu aboutie autour de la disparition des chiens).

Dans « Under the Silver Lake », les avenues de L.A. forment un labyrinthe duquel le public ne sortira pas indemne. Dans ce dédale de rues, le film emprunte tantôt celle du ridicule, tantôt celle de la conspiration. Hypnotisant, exubérant et légèrement longuet (2h20) « USL » récompensera les personnes les plus patientes d’un moment de cinéma indélébile.

Note :
Critique : Goupil

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