lundi 23 décembre 2013

Captain Phillips



Capitaine Phillips retrace l’histoire vraie de la prise d’otages du navire de marine marchande américain Maersk Alabama, menée en 2009 par des pirates somaliens. La relation qui s’instaure entre le capitaine Richard Phillips, commandant du bateau, et Muse, le chef des pirates somaliens qui le prend en otage, est au cœur du récit. Les deux hommes sont inévitablement amenés à s’affronter lorsque Muse et son équipe s’attaquent au navire désarmé de Phillips. À plus de 230 kilomètres des côtes somaliennes, les deux camps vont se retrouver à la merci de forces qui les dépassent…







[Avertissement: les cinéphiles cardiaques, épileptiques et autres personnes sensibles au stress - ou au mal de mer - ne devraient pas lire les lignes suivantes car elles font l’apologie d’un film qui leur est vivement déconseillé de voir.]


Le ciel, les avions et, aujourd’hui, la mer. Après s’être brillamment envoyé en l’air avec l’incontournable ‘United 93’, la meilleure fiction à l’heure actuelle sur un épisode des attentats du 11 septembre - dans ce cas-ci la rébellion des passagers du Boeing 757 qui devait s’écraser selon toutes vraisemblances sur le Capitole -, le pape du cinéma d’action réaliste Paul Greengrass (les Bourne Supremacy & Ultimatum, Green Zone) s’intéresse à la piraterie du côté des eaux somaliennes.


N’y allons pas par quatre chemins, ‘Captain Phillips’ est l’un des films forts de cette année. Tiré d’un fait divers palpitant voyant s’affronter un équipage à une horde de flibustiers sans foi ni loi, ce thriller maritime est un grand spectacle captivant et intelligent. Après l’inconnu mais pourtant excellent ‘Bloody Sunday’, le réalisateur britannique confirme avec sa mise en scène immersive et virtuose qu’il n’a pas son pareil pour recréer à l’écran des pages d’actualités passionnantes avec un souci de vérité qui sidère.

Sans manichéisme ni simplisme, le cinéaste propose une description précise, nerveuse et somme toute brillante d’une prise d’assaut en haute mer. A ce propos, la scène de l’abordage du cargo par les écumeurs de mer est une séquence d’anthologie qui devrait être montrée dans toutes les écoles de cinéma.

Haletant de bout en bout, ‘Captain Phillips’ est un suspense à couper le souffle, physiquement éprouvant pour le public avec sa montée en puissance dramatique qui va crescendo jusqu’à un final où le spectateur, au bord de la crise de nerf, a le cœur qui s’emballe. Vous l’aurez compris, ce métrage n’est pas destiné aux cardiaques. Paul Greengrass insuffle une énergie folle et maintient son blockbuster sous très haute tension du début à la fin. Nous sommes littéralement scotchés à notre siège pendant les 2h15 du film.

Impossible de ne pas épingler la performance de Tom Hanks, impérial, qui interprète le rôle-titre, à savoir ledit capitaine de l'affiche, un Américain moyen qui cache, derrière son air de monsieur Tout-le-monde, un héroïsme notoire. Le comédien, déjà lauréat de deux Oscar pour ‘Philadelphia’ et ‘Forrest Gump’, est bien parti pour décrocher un troisième trophée. Une récompense à laquelle pourrait également prétendre Barkhad Abdi, alias Muse, pour sa formidable interprétation du leader des forbans, soit son premier rôle au cinéma.


Note:

Critique: Professeur Grant

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