mercredi 5 avril 2017

Mean Dreams

Quand Jonas, le fils d'un fermier local âgé de quinze ans, rencontre Casey, sa nouvelle voisine du même âge, il en tombe immédiatement amoureux. Au fil de leur idylle, Jonas découvre les dangers et la violence du milieu familial dans lequel vit Casey. Il prend alors l'initiative de s'enfuir avec elle. Quand le père de celle-ci se lance à leur poursuite, les deux adolescents vont être confrontés à la dure réalité qui est désormais la leur : comment réussir à survivre et comment faire un choix qui, sans aucun retour en arrière possible, changera leur vie à jamais...





Deuxième film du réalisateur canadien Nathan Morlando ('Citizen Gangster'), 'Means Dreams' est un peu l'histoire du « beau, de la belle et du truand ». Cela en fait-il un bon film ?

Visuellement travaillé, musicalement tendu, brillamment joué, 'Mean Dreams' s'est distingué des autres films de la compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville. Thriller survolté assumé, 'Mean Dreams' joue assurément dans la cour des grands.

Avec les grands espaces du Canada (Ontario) comme toile de fond, 'Mean Dreams' fait la part belle aux paysages ruraux, certains plans n'étant d'ailleurs pas sans rappeler les peintures de l'américain Andrew Wyeth.

Mean Dreams (2016)
Christina's World, Andrew Wyeth

Véritable film coup de poing, 'Mean Dreams' traite d'un passage à l'âge adulte (précoce) qui ira de pair avec une transformation de soi (pour le jeune homme de quinze ans qui devra laisser derrière lui son adolescence, et par la même occasion, son insouciance) et une exploration de l'inconnu (les deux jeunes, en cavale, sortiront de leur zone de confort pour se diriger vers un avenir incertain). Dans ce long-métrage, Morlando se fait opposer la pureté du premier amour à la noirceur de la nature humaine.

Que ferait un jeune homme pour la fille qu'il aime ? Jusqu'où irait-t-il pour la protéger ? Après une séparation douloureuse mais nécessaire en cherchant à fuir le « contrôle parental », Casey et Jonas se retrouveront hors la loi. Le film, en jouant sur plusieurs rapports (voleur/volé, traqueur/traqué, protecteur/protégé), parvient à brouiller les pistes, rendant par conséquent la fin difficilement prévisible.

Les étoiles montantes que sont Sophie Nélisse (vue dans 'The Book Thief', 'Pawn Sacrifice' et que l'on verra bientôt à l'affiche de 'L'histoire de l'amour') et Josh Wiggins ('Hellion', 'Lost in the Sun', 'Max') crèvent réellement l'écran ! Wiggins s'avère être un Matt Damon en puissance, une vraie palette d'émotions en plus ! Bill Paxton ('Aliens', 'Apollo 13', 'Titanic', 'Twister', etc) en flic ripoux et père abusif est tout bonnement terrifiant. Colm Feore, abonné aux rôles de méchants, donne une fois de plus dans le même registre.

La bande originale de Son Lux, avec sa partition sonore unique, donne un réel pouls au film. Elle n'est par contre jamais annonciatrice de l'arrivée des deux bandits de service ; ce qui garantit quelques passages où le-a spectateur-trice bondit de son siège.

Avec 'Mean Dreams', Nathan Morlando réussit un véritable tour de force directorial en réalisant un long-métrage où la tension – rappelant celle présente dans le cinéma de David Cronenberg – est presque palpable. Pas étonnant que cette « balade sauvage » s'invite dans tous les festivals (Cannes, Deauville, Toronto). À l'opposé d'un cauchemar qu'on tente d'oublier, 'Means Dreams' est un « mauvais rêve » dont on se souviendra longtemps.

Note : 
Critique : Goupil
Relecture: Choupette

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