mercredi 3 mai 2017

Je suis resté dans les bois

Vincent, artiste plasticien, prépare sa nouvelle exposition. Il a décidé de reconstituer des moments peu glorieux de son passé pour en faire des tableaux vidéos. Il embarque sa copine, ses amis et quelques barbus dans son projet. Il n'aurait peut-être pas dû...


Co-réalisation signée à six mains (Erika Sainte - meilleur espoir féminin aux Magritte 2012, Vincent Solheid et Michaël Bier) « Je suis resté dans les bois » est un film plutôt insolite, pour ne pas dire particulier. Fiction prise sur le vif, vrai-faux reportage à la manière de « C'est arrivé près de chez vous », le film est difficilement définissable. Faut-il aller au cinéma ou vaut-il mieux rester.. chez soi ?

Si le film est saugrenu, son ton n’est pas sans rappeler celui du film « Le Grand'Tour » de Jérôme le Maire; lequel sortait sur nos écrans en 2013. Ce n’est pas la première fois que le septième art se penche sur lui-même (‘Cloud of Sils Maria’, ‘The Artist’, ‘Hail, Caesar’, etc.). Cela dit, la manière dont est amenée la mise en abyme fait plus penser à un reportage qu’à un long-métrage.

Premier et second degrés (et troisième ?) se conjuguent dans cette comédie grinçante et émouvante venue de loin (le long-métrage a été financé via une plate-forme de crowdfunding). Ce qui s’apparente assez vite à une relecture du passé a assurément une vertu cathartique.
« Je suis resté dans les bois » se compose de douze tableaux, soit douze souvenirs (pour la plupart douloureux) de l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte de Vincent (Solheid). Cet enchaînement de tableaux fait la part belle aux plans fixes en noir et blanc. L’enthousiasme des protagonistes (l’équipe du film devant la caméra; et non derrière) envers l’instigateur du projet fait peu à peu place aux doutes. Ensuite, les relations se détériorent (tout comme notre empathie) au fur et à mesure que Vincent lève le voile sur son passé.
Somme toute, le film interroge finement le spectateur. Les expériences malheureuses de notre vie définissent-elles notre personnalité ? Font-elles de nous ce que nous sommes ? C’est à n’en pas douter les questions auxquelles le film tente de répondre.  

Note :
Critique : Goupil

N.B. : Pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin, sachez qu’une exposition autour des tableaux aura lieu à Bruxelles en novembre prochain.

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